Réglementation E + C - : le recyclage pourrait être mieux pris en compte

 

 

Une fois encore, Roger Baltus ouvre sa chronique à Cécile Roland, Responsable Applications Environnementales chez VMZINC. L’occasion pour les architectes, les maîtres d’ouvrage et tous les professionnels du bâtiment de (re)découvrir les qualités « durables » du zinc.

Réglementation E + C - : le recyclage pourrait être mieux pris en compte

C’est un véritable changement de paradigme que vit le secteur du bâtiment en France. La future règlementation Energie + Carbone ou E+ C-, lancée en 2016 sous la forme d’un label volontaire, prend en compte le poids carbone du bâtiment tout au long de son cycle de vie. Cette disposition ouvre des perspectives inédites pour la construction neuve dans la lutte contre le changement climatique. Pourtant, la décision d’intégrer seulement un tiers des bénéfices environnementaux liés au recyclage en fin de vie des produits de construction relève pour moi d’un choix politique questionnable dans le contexte actuel orienté vers l’économie circulaire.

Des avancées importantes

Jusqu’à présent, la réglementation environnementale des bâtiments était focalisée sur la performance énergétique du bâtiment pendant sa phase d’usage uniquement.

Dès 2018, la loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte fixe l’objectif d’une réglementation environnementale ambitieuse pour les bâtiments neufs, avec en ligne de mire à l’horizon 2020, la généralisation des bâtiments à énergie positive.

Avec E+ C-, aujourd’hui label servant d’expérimentation à la future règlementation qui remplacera demain la RT2012, le périmètre d’évaluation s’étend à un autre indicateur environnemental, l’empreinte carbone, et couvre l’ensemble du cycle de vie du bâtiment depuis la fabrication des produits de construction jusqu’à la fin de vie du bâtiment incluant le recyclage des produits.

Prise en compte du recyclage : une proposition décevante.

Le calcul de l’indicateur carbone porte sur l’ensemble des étapes du cycle de vie du bâtiment. Il inclut donc l’empreinte carbone des matériaux et produits de construction sur l’ensemble de leur cycle de vie, recyclage compris. Toutefois, les bénéfices environnementaux liés au recyclage en fin de vie ne seront malheureusement pas comptés dans leur globalité mais seulement au tiers de leur valeur.

Pourtant, aucune raison technique ou scientifique ne justifie de ne considérer les bénéfices environnementaux liés au recyclage en fin de vie des produits qu’au tiers de leur valeur car :

  • la méthode de calcul des bénéfices et charges liés au recyclage en fin de vie des produits de construction est définie dans les documents règlementaires,
  • les données existent, sont collectées dans les filières où le recyclage est effectif, et sont présentées dans les Fiches de Déclarations Environnementales et Sanitaires (FDES) des fabricants concernés,
  • les données de recyclage présentées dans les FDES sont contrôlées à l’occasion de la revue critique par tierce partie de la FDES, revue critique imposée par la réglementation depuis le 1er juillet 2017.

Cette décision relève donc d’un choix politique qui me parait questionnable dans un contexte d’incitation au développement de l’économie circulaire.

En effet, la promotion à l’économie circulaire devrait s’accompagner d’incitation à l’utilisation des produits recyclables et effectivement recyclés en fin de vie. Or, la proposition de ne prendre en compte que le tiers de la valeur des bénéfices environnementaux liés au recyclage en fin de vie des produits de construction ne permet pas aux concepteurs de valoriser pleinement leurs choix constructifs en faveur de l’économie circulaire.

Ainsi, même si cette proposition a le mérite de ne pas avoir totalement écarté le recyclage en fin de vie des produits, elle ne va pas jusqu’au bout de la logique promotionnelle de l’économie circulaire. Toutefois, VMZINC appelle de ses vœux que la phase d’expérimentation fasse évoluer cette proposition.

La majorité des acteurs sont prêts

La prise de conscience des acteurs du secteur du bâtiment sur les impacts environnementaux de leurs activités n’est pas nouvelle ! Du côté des fabricants, nombreux sont ceux qui travaillent depuis de longue date à l’amélioration de leurs produits ainsi qu’à la mise à disposition des données environnementales nécessaires au calcul de performance environnementale des bâtiments.

VMZINC édite depuis plus de dix ans les FDES de ses solutions et fait valoir les bénéfices environnementaux liés au recyclage effectif et record du zinc laminé en fin de vie (98% en France).

Et vous, quelle est votre avis sur E+ C- ? L’avez-vous expérimenté récemment dans une construction neuve ? Votre avis m’intéresse. N’hésitez pas à le partager !

  Chronique de Roger Baltus