Voeux 2018 : si le zinc était …

 

 

Dans la continuité de l’an dernier où je vous avais souhaité les vœux 2017 à la façon d’un questionnaire de Proust, je vous adresse mes souhaits sincères et chaleureux pour 2018 au travers du portrait chinois du matériau préféré de mon blog : le zinc !

Si j’étais un élément, je serais l’air parce que les zingueurs, là-haut, sont libres comme lui

Si j’étais un animal, je serais un pangolin parce que sa carapace protectrice faite de petites écailles bien ordonnées ressemble à une toiture conçue par un génial architecte !

Si j’étais une saison, je serais l’hiver parce que mon univers chromatique varie du blanc soyeux de la neige au gris profond des ciels de tempête et des paysages nordiques.

Si j’étais une ville, je ne pourrais être que Paris, parce que je suis lié à l’image et à la couleur de la ville-lumière dans le monde entier.

Si j’étais un film, je serais « Peur sur la Ville » d’Henri Verneuil parce Jean Paul Belmondo court entre mes travées et virevolte de chéneaux en gargouilles. Je suis en arrière-plan et pourtant on ne voit que moi !

Si j’étais une expression, ce serait « toucher du bois » parce que c’est ce que je fais tous les jours lorsqu’on me pose sur la volige de sapin. Et cela porte bonheur au couvreur, car le bois absorbe l’humidité et éloigne de moi moisissures et corrosion.

Si j’étais une odeur, je serais celle âcre de l’acide qui sert à me décaper, qui me prépare un peu violemment à la soudure.

Si j’étais un bruit, je serais le cliquetis des pas d’un moineau sur un entablement. C’est le doux bruit que les amoureux entendent le matin lorsqu’ils dorment dans une mansarde couverte de votre serviteur.

Si j’étais une couleur, je serais le bleu azur parce que seul le ciel est ma limite !

Si j’étais un hashtag, je serais #sustainable parce j’ai encore toute ma valeur en fin de vie. Quand on démolit la maison, on me dépose soigneusement, on me stocke discrètement, on me recycle systématiquement et je repars gaillardement pour un nouveau tour de manège.

Si j’étais un dessert, je serais une gaufre liégeoise saupoudrée de sucre glace parce que je suis né à Liège et qu’il m’arrive parfois sous la rosée d’être saupoudré de rouille blanche.

Si j’étais une fleur, je serais un arum blanc parce que sa forme magnifique a inspiré l’art nouveau et celui des ornemanistes qui m’ont embouti, estampé, repoussé pour que je lui ressemble.

Si j’étais une citation, je serais la suivante « Les bonnes idées sortent plus souvent d'un garage que d'un conseil d'administration » car mon histoire a été jalonnée d’initiatives et de prises de risque par des ingénieurs ou des techniciens inspirés.

Si j’étais une œuvre d’art, je serais « impression soleil levant » la toile de Monet qui a donné son nom au mouvement des impressionnistes, parce que Monet a utilisé mes oxydes blancs pour éclairer ses œuvres et parce que le peintre habitait à Giverny, à quelques kilomètres de l’usine où j’étais, à son époque, laminé.

Si j’étais une révolution, je serais celle dite « des œillets » au Portugal parce qu’elle s’est faite dans la douceur par des militaires qui n’ont pas instauré un régime autoritaire. Parce que moi aussi je sais gérer les transitions douces entre les toitures et les façades, entre le neuf et l’ancien et entre la ville et la banlieue.

Si j’étais une invention, je serais celle de l’imprimerie parce que c’est une invention qui a changé le monde, une invention utile comme celle qui a permis que j’apparaisse et qui a permis de créer la profession maintenant reconnue des zingueurs !

Si j’étais une fête, je serais l’Ascension, une fête joyeuse puisqu’elle anticipe le retour de tous les hommes vers le père du ciel. C’est aussi la fête des Compagnons Couvreurs qui sont bien plus près de Dieu que vous et moi !

Si j’étais une pensée, je serais celle pour vous et pour la merveilleuse année qui va vous arriver, et que je vous souhaite pleine d’amour et de tendresse.

Roger Baltus
Ingénieur architecte
Directeur de la communication VMZINC

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