“Les mots du zinc” #01 : découvrez ma nouvelle série thématique !

 

 

Après le succès rencontré par les dix épisodes de la saga historique « Le fabuleux destin de la Vieille Montagne », je lance « Les mots du zinc ». Cette nouvelle série est dédiée aux termes de métier utilisés tous les jours par les poseurs-zingueurs mais aussi à ceux évocateurs de l’univers du toit. Une langue unique et souvent méconnue, composée d’images, de métaphores, d’emprunts et de créations qui s’est étoffée au fil de l’expérience acquise par les « couturiers du toits » !

Un livre inédit

Les mots que je vous propose de découvrir au fil de chaque post proviendront, en partie, d’un ouvrage édité en Novembre 2017 dans la collection 101 Mots - Archibooks + Sautereau éditeur, «Les 101 mots de la Zinguerie à l’usage de tous ».

En voici l’avant- propos :

« Dans ce monde où tout évolue et où chacun pratique un métier complètement différent de celui qu’il a appris à l’école, pour les « coucous » rien n’a changé dans la pratique du zinc depuis 1811, depuis la première couverture en zinc. Même façon de faire, mêmes outils, mêmes mots, retransmis à travers toutes les générations. Mais, silence ! On rentre dans le temple de la couture. Sur les toits viennent les mots du métier. Architecte plein du désir du savoir, chantier après chantier, les mots s’impriment, le vocabulaire s’enrichit » - François Virolleaud – architecte.

Ce témoignage d’un homme humble qui écoute et apprend par les mots prononcés au moment où le zingueur en a l’usage juste, évoque une culture orale. Il y avait donc comme une évidence à écrire « Les 101 mots de la zinguerie ». La zinguerie est une haute compétence, associée à un métier de référence qui a son univers propre. Car dans la zinguerie, on pratique des mots forts, poétiques, roboratifs et souvent païens…

Le zinc fait aussi partie de notre vie quotidienne. De nombreuses expressions nous emmènent d’un comptoir bavard au cockpit d’un avion. Le zinc est partout, même en nous. Il m’a paru utile de revenir sur ces mots populaires qui sonnent vrai et font la richesse de la langue française, parce que le zinc est avant tout une belle histoire française.

Mot #01 : Coin de mouchoir

Même si tu imagines l’infante d’Espagne essuyant une larme avec un coin de son mouchoir, il ne s’agit ici que de la façon d’habiller un faîtage ! Le pliage dit « coin de mouchoir » est un grand classique des pliages du zinc sur chantier. Il fait partie du b.a.-ba du zingueur. Il est réalisé dans différentes configurations, mais plus régulièrement en tête des bacs à tasseaux, à l’endroit où le zinc vient s’appuyer sur le faîtage.

Le métal est d’abord relevé par profilage sur les deux bords longitudinaux du bac. Un pli transversal est alors amorcé en tête de ce même bac pour créer un relevé de la hauteur du tasseau de faîtage

Ainsi, dans les angles, le surplus de métal est géré sans découpe et donc sans soudure par un pliage dont l’angle est déterminé à l’aide de gabarits, l’un (gabarit B) mesurant l’angle à la jonction du tasseau de rampant avec le tasseau de faîtage, l’autre (gabarit A) mesurant l’angle du flanc du tasseau de rampant avec la verticale. L’angle du pliage du coin de mouchoir est à la bissectrice de l’angle formé par les 2 gabarits. (voir le schéma ci-dessous extrait du mémento du couvreur –zingueur). Le métal ainsi reporté à l’extérieur du bac est rabattu à la pince plate sur l’arrière du relevé de tête. L’étanchéité est parfaite, et ainsi ne dépend pas d’une soudure.

Une série interactive

Au-delà du partage de cette formidable sémantique professionnelle, je souhaite que cette nouvelle série interpelle les premiers intéressés : les poseurs-zingueurs. Vos commentaires sur la pratique de ces détails de zinguerie sont donc les bienvenus !

Réalisez-vous ces techniques régulièrement ? Qui vous les a apprises ? De quelle manière ? Avez-vous élaboré votre propre processus ? Avez-vous des photos ou même des vidéos de vos détails ?

Parlez-en, nous les publierons sur notre page VMZINGUEURS. Vous êtes déjà plus de 1700 zingueurs à faire partie de la belle communauté !

A bientôt pour le prochain mot : Prendre un verre sur le zinc !

Roger Baltus
Ingénieur architecte
Directeur de la communication VMZINC

(*) Yona Friedman, né le 5 Juin 1923 (94 ans) à Budapest, est un architecte et sociologue français d'origine hongroise. On parle de lui comme un « architecte de papier » aux conceptions futuristes. Sa production en plans, maquettes (dont certaines sont à échelle 1:1 et peuvent être visitées) et autres moyens de communications (bande dessinée…) font l’objet d’expositions artistiques. De ce point de vue, il est plus considéré comme un artiste que comme un architecte, pour une production de pièces d’un « art qui est porteur de message ».

  Chronique de Roger Baltus