Ecole 42, Station F : la réponse ultime

 

 

Dans la foulée de mon message prospectif (post « VMZINC en 2050 »), il était bien normal de mettre en exergue et de célébrer l’ouverture du « plus grand campus de start-ups au monde » dans la fameuse halle Freyssinet (*) située dans le 13ème arrondissement de Paris.

Xavier Niel, le porteur et le co-financeur (avec la Caisse des Dépôts et Consignations) de ce vaste projet nous avait déjà habitué à des initiatives osées et pertinentes comme l’ouverture en 2013 de la maintenant fameuse Ecole 42 (°) située Bd Bessières Paris 17ème et de sa réplique américaine ouverte en 2016 à San Francisco.

Ecole 42 : un accès à une formation très qualifiante mais sans diplôme !

Pourfendeur inlassable des lacunes des filières d’enseignement officielles qui continuent à organiser la sélection d’une certaine élite, Xavier Niel a vite compris que le développement de ses activités en télécommunications, aurait besoin rapidement de codeurs, de programmeurs et de développeurs informatiques que les écoles publiques ou privées ne pourraient pas lui fournir faute d’avoir pu anticiper la demande exponentielle de ces compétences.

D’où la création de cette école gratuite et non diplômante pour les 18 – 30 ans qui offre à des profils atypiques souvent laissés de côté par l’Education Nationale, sur entretien de motivation, un accès pour se former et faire carrière dans le secteur du digital.

La pédagogie proposée y est unique basée sur le concept du « peer-to-peer learning » : un fonctionnement participatif permettant aux étudiants d’exprimer leur créativité grâce à l’apprentissage par projets. La durée? Le cursus aménageable et individualisé est d’environ trois ans, selon le temps d’acquisition nécessaire à chacun. Ne s’agit-il pas actuellement de la meilleure réponse à ce que devrait être l’école de demain ?

Pourquoi 42 ?

Le chiffre 42 ne correspond pas au numéro du bâtiment sur le Boulevard Bessières comme on pourrait le croire. Il fait en fait subtilement référence au film « H2G2 Guide de voyageur galactique » (Douglas Adams 2005) dans lequel le chiffre 42 est présenté comme la réponse ultime à « la question ultime sur la vie, l’Univers et tout le reste » The Ultimate Question of Life, the Universe and Everything.

Station F :

Xavier Niel a mené un cheminement identique pour concevoir le gigantesque projet de la STATION F (F donc pour Freyssinet) : créer les conditions nécessaires et optimales à la maturation et au lancement de jeunes pousses entrepreneuriales, dans un environnement français pas assez enclin à mobiliser l’énergie et la compétence des entrepreneurs potentiels et à créer les conditions nécessaires.

Car, STATION F selon ses auteurs « réunit tout un éco-système entrepreneurial sous un seul et même (grand) toit ». Simple et compliqué à la fois à mettre en œuvre !

Le site en quelques chiffres, cela donne :

  • Ouverture 24h/24 et 7j/7
  • 34 000 mètres carrés utiles
  • 3000 stations de travail dans la zone start-up
  • 26 programmes d’accompagnement de start-up internationaux
  • 1 makerspace
  • 1 restaurant, 4 cuisines, 1 café, 1 bar
  • 8 espaces événementiels

Xavier Niel voit donc grand mais aussi voit large car il a décidé d’ouvrir l’accès à des start-upers étrangers pour autant que leur projet et leur motivation plaisent à l’équipe de sélection qui aura fort à faire dans les prochaines semaines.

Signe que cette réalisation est ambitieuse, les partenariats avec les grands noms du digital (GAFA) se sont noués dès la genèse du projet. Ils apportent leur caution et leur dimension internationale pour que le pari de Xavier Niel soit gagné dans le délai le plus court possible !

Et tout cela, dans un lieu qui me réjouit ! (*)

La Halle Freyssinet est un bâtiment remarquable réalisé en 1927. La précontrainte du béton (dont Eugène Freyssinet est l’inventeur génial) appliquée ici de manière audacieuse a permis de doter cette halle utilitaire d’une structure porteuse d’une exceptionnelle légèreté, ce qui lui a valu d’être classée depuis 2012 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Elle a abrité jusqu'en 2006 les messageries de la gare d'Austerlitz. Sa réaffectation en école me réjouit au plus haut point car au-delà de la pérennisation de l’ouvrage, elle démontre qu’un bâtiment conçu et construit avec soin peu s’adapter à une programmation différente et rester moderne après presqu’un siècle !

Roger Baltus
Ingénieur architecte
Directeur de la communication VMZINC

  Chronique de Roger Baltus