Economie circulaire : pourquoi changer de modèle économique ?

 

 

Une fois par mois, Roger Baltus ouvre sa chronique à Cécile Roland, Responsable Applications Environnementales chez VMZINC. L’occasion pour les architectes, les maîtres d’ouvrage et tous les professionnels du bâtiment de (re)découvrir les qualités « durables » du zinc.

Economie circulaire : pourquoi changer de modèle économique ?

Les défis environnementaux conjugués à l’augmentation de la population mondiale (+ 43% de croissance attendue entre 2012 et 2100) impliquent de reconsidérer les fondements de notre société de consommation. Et il y a urgence à le faire car les prélèvements sur les ressources naturelles dépassent déjà la capacité de la terre à les régénérer et à absorber les déchets. Cette nécessité s’impose à tous les secteurs d’activité, au premier rang desquels le bâtiment.

Economie et ressources : passer d’un modèle linéaire « d’épuisement » à un modèle circulaire de « préservation »

Notre modèle économique actuel est un modèle linéaire, hérité de la révolution industrielle du XIXe siècle, époque où les ressources naturelles étaient très abondantes et paraissaient inépuisables. Il consiste à Prélever (la ressource) -> Transformer -> Consommer -> Jeter.

Or, depuis la fin du siècle dernier, la pression mondiale sur les ressources naturelles s’est exacerbée. Selon le WWF, il faudrait aujourd’hui plus d’une planète et demie pour satisfaire les besoins de la population mondiale1.

Un changement est donc nécessaire, qui touche à la fois notre modèle de société et notre modèle économique. Ce changement doit viser le nécessaire découplage entre la croissance économique et l’épuisement de la ressource : c’est bien cela l’objectif ultime de l’économie circulaire.

Sur quelle logique repose l’économie circulaire ?

Ce nouveau modèle s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels. L’économie circulaire considère notamment les produits comme des flux de matières ou d’énergie pouvant être réinjectés dans des boucles d’utilisation successives. Ainsi ce qui était un « déchet » dans la logique d’une économie linéaire devient une « ressource » dans une logique d’économie circulaire.

L’économie circulaire incite le plus souvent à repenser les modes de conception, de production et de consommation. Elle prône lorsque c’est pertinent le prolongement de la durée d’usage des produits, l’usage plutôt que la possession de bien, ou encore la réutilisation et le recyclage des composants.

Le recours à l’écoconception permet d’intégrer dès les premières phases de conception des produits la prise en compte des contraintes environnementales et les exigences déclinées d’une économie plus circulaire telles que la longévité, la capacité à être réparé, démonté, réutilisé ou recyclé. La recherche des réponses et solutions à ces nouveaux challenges est de fait source d’innovation et de création de nouvelle valeur.

Quelle contribution du zinc laminé ?

Dans le contexte de l’industrie de la construction et du bâtiment, le zinc laminé répond particulièrement bien aux exigences d’une économie plus circulaire du fait de ses qualités spécifiques. En effet, grâce à sa longévité supérieure à la centaine d’années et à un taux de recyclage record de 96% en Europe et 98 % en France, le zinc laminé est économe de la ressource naturelle. Il devient en fin de vie une nouvelle ressource pour de nombreuses fabrications (laiton, galvanisation, pigments, cosmétique –voir post 01).

La récupération du vieux zinc sur les bâtiments est rendue aisée grâce aux systèmes constructifs adaptés (démontables), tant en couvertures, façades ou pour les évacuations d’eau pluviales.

L’activité de recyclage du vieux zinc, de sa récupération à sa transformation en zinc de deuxième fusion, représente aujourd’hui une filière industrielle, locale, bien établie contribuant au développement durable de l’économique locale.

Vous l’aurez compris, dès aujourd’hui, le zinc laminé répond déjà aux exigences de l’économie circulaire. Et lorsque les produits en zinc laminé sont issus d’un processus d’éco-conception et de sites de production exigeants en matière de protection de l’environnement (comme c’est le cas des solutions VMZINC dont certaines sont d’ores et déjà certifiées Footprint Progress en matière d’éco conception et ISO 14001 en matière de production), ils contribuent plus largement aux enjeux environnementaux de la construction durable.

Je vous donne rendez-vous le mois prochain. Au programme : Consommation d’énergie nécessaire à la fabrication du zinc laminé (parfois appelée « Energie grise »)

D’ici là, vos commentaires et questions sont les bienvenus !

Cécile Roland
Responsable Applications Environnementales VMZINC

 

(1) Rapport « Planète Vivante » WWF 2014)

  Chronique de Roger Baltus