Saga Vieille Montagne - Épisode 9 : Des années 70 au tournant du XXIème siècle

 

 

Diriger, c’est prévoir. Même si le pire n’est jamais obligatoire, il faut savoir se préparer à des lendemains qui chantent moins. Le précédent épisode de cette saga s’achevait au début des années 60. La Vieille Montagne digne et requinquée après les affres du dernier conflit mondial était en ordre de bataille pour affronter l’avenir.

 

Le laminage du zinc fait sa révolution

Au tout début des années 70, les voyants du tableau de bord de l’industrie du zinc sont toujours au vert mais la concurrence est sévère dans tous les domaines. D’un point de vue technique, le laminage du zinc se modernise. Les anciennes technologies dites « par paquets » sont progressivement abandonnées (*) dans toute l’Europe. Les premières coulées continues en petite largeur (700mm utiles) donnent satisfaction car elles apportent un niveau de qualité et une précision concernant l’épaisseur des feuilles et bobines jamais atteints jusque-là. Mais le marché attend des grandes largeurs. Charge aux industriels de proposer au moins du 1000 mm utiles.

Au cours de cette décennie, La Compagnie Royale Asturienne (CRAM) et la Vieille Montagne décident donc chacune d’investir dans des coulées continues de dernière génération (technologies américaine Hazelett). Ces machines très automatisées augmentent la capacité de production de manière significative. Autre point fort de cette avancée technologique : ces infrastructures permettent au secteur d’effectuer un véritable bond qualitatif grâce à l’introduction d’un nouvel alliage au Cuivre-Titane (dit Cu-Ti). Cet alliage (qui vient se substituer au traditionnel Zinc-Cadmium) apporte une meilleure formabilité au zinc laminé tout en réduisant le fluage, cette déformation du zinc sous son poids propre qui pouvait conférer à la toiture l’allure d’un papier froissé, au bout de quelques dizaines d’années !

Ce choix d’alliage aura un effet inattendu. Il va progressivement changer la couleur de Paris. Je m’explique. Du fait de l’alliage au cadmium, la patine des feuilles de zinc naturel avait une coloration bleutée, celle que les impressionnistes ont immortalisée dans leurs tableaux (voir ci-dessus le tableau de Monet). Le nouvel alliage au Cuivre-Titane, notamment du fait de la présence même modeste de cuivre, présente une patine plus sombre. Ce gris souris qui renouvelle désormais progressivement les toits de la ville lumière forme un inimitable camaïeu. Les fameuses 50 nuances de gris !

Surcapacité de production et effondrement de la demande : une situation inédite !

En 1966, Rheinzink , un autre concurrent de La Vieille Montagne, nouvellement fondé en Allemagne, construit un laminoir de grande capacité.

En France, au début des années 70, la promesse d’une croissance un peu surévaluée du marché du bâtiment incite les principaux acteurs du marché du zinc à aussi investir massivement.

La CRAM fait un choix technologique de fiabilité en séparant la partie laminoir -un classique duo (2 rouleaux) non réversible- de la partie finisseur.

La Vieille Montagne, fidèle à sa culture d’ingénieur, veut le meilleur. Elle opte pour un quarto réversible (4 rouleaux superposés) qui lamine jusqu’à 0,3mm d’épaisseur (du papier chocolat comme on disait à l’époque !). Mais la mise au point est plus longue que prévu. On rapporte que la Vieille Montagne a dû, la mort dans l’âme, acheter une partie de son zinc laminé à son ennemi héréditaire - la CRAM - au cours de l’exercice 71 !.

Ces deux laminoirs modernisés feront partie de la Vieille Montagne lorsque celle-ci englobera la CRAM en 1986. Ils sont toujours actifs en 2017 et assurent l’ensemble de la production de laminé de la Vieille Montagne rebaptisée VMZINC.


(Photo : Laminoir de Bray et Lû)


(Photo : Laminoir de Viviez)

Dans le domaine du raffinage, Métallurgie Hoboken-Overpelt, la Société Métallurgique de Prayon ainsi que la Compagnie Royale Asturienne des Mines (CRAM) inaugurent chacun une nouvelle usine d’électrolyse de zinc.

La Vieille Montagne, n’est pas non plus en reste et double en 1978 la capacité de son électrolyse de Balen, la portant à 200 000 t grâce à l’introduction des cathodes de grande dimension (°) Là aussi, la Vieille Montagne veut maintenir son leadership technologique, gage de sa différence et de sa compétitivité.

(°) Des cathodes initiales (1,3m²) on est passé aux cathodes Jumbo puis aux fameuses cathodes Super Jumbo dont la surface a presque triplé (3,2m²) - Voir ci-dessous :


L’Europe se trouve donc en l’espace de cinq ans à la pointe de la technologie mais aussi en capacité de produire bien plus que la demande. Malheureusement, la conjoncture a commencé à se retourner dès 1974 avec la première crise du pétrole. Les coûts de l’énergie flambent et obèrent très lourdement l’équation déjà fragile du secteur des non-ferreux très énergivore ! Par ailleurs, les prix du zinc s’effondrent du fait des surcapacités et du ralentissement de la demande.

Au début des années 80, l’industrie belge des métaux non ferreux est virtuellement au bord de la faillite ! Seule une brusque et providentielle hausse des cours de l’argent permet de survivre un temps, la Vieille Montagne un peu moins mal que les autres, car ses procédés facilitent l’extraction et le raffinage de ce métal précieux.

Dans le secteur du zinc, ce retournement de conjoncture a de terribles retentissements. Entre 1975 et 1978, pour la première fois de son histoire, La Vieille Montagne accuse des pertes (de l’ordre de 1,3 milliards de francs belges (32 millions d’euros). Cette crise sans précédent sonne le glas de l’industrie wallonne des non-ferreux. L’usine de la société métallurgique de Prayon (ma ville natale !), les fours de Flône et l’usine de blanc de zinc de Valentin-Cocq sont arrêtés. En France, le laminoir de Bray est stoppé (1978), l’électrolyse de Viviez fermera en 1985. La CRAM, en faillite, vend la plupart de ses actifs. Un plan de sauvetage de l’industrie française du zinc est mis sur pied en collaboration avec les pouvoirs publics et la commission européenne. C’est la fin du époque.

Restructurations en série

Dès 1981, la Société Générale de Belgique, actionnaire de la plupart des entreprises du secteur des non-ferreux en Belgique et en France amorce une lourde restructuration du secteur. D’abord, elle absorbe l’Union Minière et donc la Vieille Montagne puis transfère ses participations dans les sociétés de métaux non-ferreux dans une nouvelle Union Minière dont elle possède la totalité du capital.

Fin 1988, le groupe français SUEZ, prend le contrôle de la Société Générale de Belgique (donc de l’Union Minière et de ses filiales), à la barbe du condottiere italien Carlo de Benedetti, suite à une rocambolesque OPA (**).

Ce changement a des conséquences déterminantes pour l’avenir de la Vieille Montagne. En effet, dès 1989, Union Minière , pilotée par son actionnaire SUEZ, absorbe MHO (Métallurgie-Hoboken-Overpelt ), la Vieille Montagne et sa société d’ingénierie Mechim, pour devenir un véritable groupe industriel intégré de plus de 16 500 personnes. Sa capitalisation boursière atteint les 65 milliards de francs belges.

Vieille Montagne n’existe donc plus en tant que structure juridique indépendante. Ces employés quittent son siège historique d’Angleur et déménagent à Woluwé St Lambert, en banlieue bruxelloise pour rejoindre le nouveau siège d’Union Minière (UM)

Dès 1991, Jean Pierre Rodier (ci-dessous) le nouvel administrateur d’UM (c’est un ex Pennaroya) restructure, rationnalise et réduit les coûts. Il arrête l’électrolyse de zinc d’Overpelt, postpose la nouvelle extension de l’électrolyse de Balen et réduit les effectifs globaux de plus de 2000 employés !

Union Minière se structure et retrouve l’équilibre

Pour mieux s’adapter à ses marchés, Union Minière s’organise en douze centres de profit ou «business units » autonomes, définis en fonctions des produits et des services offerts. Il s’agit de mettre en valeur les secteurs où la société se positionne comme leader mondial (production de Germanium, transformation du Cobalt, métallurgie complexe) ou comme leader européen (raffinage du cuivre et du zinc). La concentration du secteur belge du zinc est ainsi enfin finalisée avec la constitution de la «Business Unit Zinc » dans laquelle se retrouve l’intégralité des activités et des usines (Balen, Viviez, Calais) de l’ancienne Vieille Montagne absorbée, de la Compagnie Royale Asturienne des Mines (Auby), d’MHO (Overpelt) et d’Union Zinc (Clarksville -USA). Avec une capacité cumulée de 520 000 t, Union Minière contrôle, à l’aube des années 90, près de 10% de la production mondiale de zinc.

En 1994, après trois exercices déficitaires, Union Minière sort enfin du rouge et décide de devenir ce que l’on appelle un « custom smelter », c’est à dire un fondeur non intégré en amont qui s’approvisionne sur le marché ouvert des concentrés de zinc. Pour réduire son endettement, Union Minière vend alors ses dernières mines dont, en 1993, celle de Vieille Montagne en Suède, la fameuse mine d’Ammeberg. Une nouvelle page se tourne.

L’activité bâtiment de Vieille Montagne tire son épingle du jeu et est gérée séparément car elle est contre-cyclique. Quand le cours du zinc descend, elle maintient les prix de ses produits transformés à des niveaux qui rendent jaloux les collègues du zinc brut ! Mais quand les cours montent, l’activité bâtiment « fait le dos rond » et écrase ses marges heureusement sur de plus courtes périodes car les cycles hauts sont moins fréquents que les cycles bas ! Cette rentabilité supérieure expliquera plus tard la création au sein d’Umicore d’une Business Unit Building Products indépendante.

Une anecdote à partager avec vous : au cours des années 90, les services de communication d’Union Minière ont un temps milité pour changer la marque des produits de l’activité bâtiments afin de les vendre sous la bannière « Union Minière Bâtiment » et non plus Vieille Montagne - devenue VMZINC en 1994. Heureusement, nous avons tenu bon en leur faisant écouter des témoignages de zingueurs qui évoquaient avec lyrisme leur attachement à cette marque historique qu’est Vieille Montagne. La modifier aurait été une erreur aussi stratégique que symbolique !

Au fil des ans, l’ADN de la « Vieille », comme la flamme d’un feu de bois, a été protégé et réactivé par les hommes du zinc laminé !

Stratégie de reconquête

En 1995, le nouvel administrateur délégué d’Union Minière, Karel Vinck (ci-dessous) lance un programme d’investissements très volontariste à hauteur de 22 milliards de francs belges ( 1€ = 40 FB) tout en prolongeant les actions visant à réduire les coûts. Ainsi 3000 suppressions d’emplois s’ajoutent encore aux plans précédents. La vente de nombreuses activités jugées non stratégiques est lancée.

Pour ce qui concerne l’activité zinc bâtiment, il s’agit de la vente en 1998 d’Asturienne Penamet (le réseau de distribution des produits de couverture hérité de la CRAM) au Groupe Point P. Des négociations auxquelles j’ai participé en tant que Directeur Commercial de VMZINC en France!

Karel Vinck initie une expansion géographique sélective de l’entreprise en privilégiant les marchés émergents à fort potentiel de croissance (Asie, Europe de l’Est, USA). Pourtant, en 1998, de nouveau, le groupe frôle la catastrophe. Trois facteurs concourent à cette nouvelle situation de crise. Les cours de la plupart des non-ferreux repartent à la baisse, le dollar s’effondre et handicape la compétitivité des Européens. Et, surtout, le démarrage de la nouvelle fonderie de la « business unit métaux précieux » d’Hoboken connait de très grosses difficultés (***). Je me souviens bien de ces années difficiles où toutes les Business Units du Groupe , dont la nôtre, étaient sollicitées pour la soutenir notamment en reportant sine die tous les investissements !

Je me souviens que le montant des investissements que nous avons pu effectuer en 1998 n’a pas dépassé les 150 000 francs français, soit à peine 25 000 euros, une misère…mais c’était pour la bonne cause car fort heureusement, au tournant au XXIe siècle, l’activité du groupe se redresse, notamment du fait du rendement plus élevé que prévu de cette fameuse fonderie d’Hoboken!

D’Union Minière à Umicore : la transmutation

C’est Thomas Leysen (ci-dessous), un fin connaisseur du Groupe (****) arrivé à sa tête en juin 2000 qui va amorcer ce que l’on peut appeler la transmutation du groupe Union Minière ! Son crédo : développer l’entreprise dans le domaine des matériaux technologiquement avancés et dans le recyclage des métaux qu’elle produit. Le fameux motto « closing the loop » est adopté et déployé dans toute l’organisation. Pour le nouvel administrateur, il s’agit de dépasser l’image négative qui colle à la peau d’Union Minière, celle d’un producteur de métaux de base qu’elle n’est plus.

Après la vente de ses mines, et celle de ses activités de transformation primaire de métaux, Union Minière se focalise sur l’usage final de ses produits. Bonne nouvelle l’activité zinc bâtiment propose des produits transformés à forte valeur ajoutée et s’adresse déjà à des clients finaux. A cette époque, VMZINC incarne en interne un modèle à suivre !

En 2001, Union Minière devient Umicore. Son nouveau nom s’accompagne d’une signature forte, « Materials for a better life » exprimant les objectifs poursuivis. La société est active au cœur (Core) du monde des matériaux. Les produits qu’elle développe sont à la base d’une multitude d’applications qui facilitent la vie quotidienne. Les deux premières lettres U et M sont les initiales d’Union Minière en référence aux racines historiques du groupe.

Dès 2003, la société se désengage de manière volontariste des activités jugées trop cycliques. D’abord de raffinage du cuivre (constitution de la nouvelle société indépendante Cumerio). Puis, dès 2007, des activités de raffinage du zinc (création de la société Nyrstar en joint-venture avec le groupe australien Zinifex).

A cette date, il ne reste plus dans le Groupe Umicore que les activités zinc considérées à plus forte valeur ajoutée, celle des oxydes et poussières, la business unit Zinc Chemicals – basée à Angleur en Belgique et celle du bâtiment, la business unit Building Products – basée à Bagnolet, à côté de Paris, où je travaille depuis 1986.

Le big deal

C’est en 2003 qu’Umicore réalise une acquisition majeure (700 Mio €), celle du groupe allemand PMG (Precious Metal Group), filiale de l’américain OMG. Il s’agit en fait de l’ancien pôle « métaux précieux » de la firme allemande Degussa celle qui en 1887 était intervenue financièrement dans la création de l’usine d’Hoboken ! Cette acquisition confère une taille nouvelle à Umicore (ajout de 3800 collaborateurs) tout en accélérant son recentrage sur le secteur des matériaux avancés. Le groupe est dorénavant considéré par les marchés financiers comme une société qui fournit des solutions (comme la BU Bâtiment !) et non plus des matières et qui investit et se développe dans des marchés d’avenir.

Marchés d’avenir

Marc Grynberg (ci-dessous), ancien directeur financier puis responsable de la Business Unit Autocatalyst prend la tête d’Umicore en novembre 2008. Son analyse des tendances lourdes de la société et des attentes des populations placent clairement le développement durable et la protection de l’environnement comme au cœur des préoccupations de la planète. Il lance deux plans ambitieux à cinq ans (2010-2015 puis 2015 -2020) basés sur ces constats.


Les compétences d’Umicore acquises dans le domaine du recyclage et dans le domaine de l’énergie se renforcent. L’offre existante de produits embarqués dans les véhicules modernes (batteries de différents types, pots catalytiques notamment) vont permettre à Umicore de s’inscrire résolument dans le créneau de la mobilité propre.

Pour la Business Unit Bâtiment, en ce début de XXIe siècle, c’est pour la première fois la dimension environnementale du zinc laminé qui est mise en avant. Le zinc laminé consomme moins d’énergie que l’acier ou l’aluminium pour sa production. Et, surtout il est recyclable et effectivement recyclé à 96% en Europe.

Le « vieux zinc laminé » comme on l’appelle sur les chantiers conserve donc de la valeur - entre 50 et 70% du cours du London Metal Exchange (LME) fixé à Londres - lorsqu’on le dépose après quatre vingt à cent ans de bons et loyaux services sur les toits ! Pas un gramme n’atterrit les gravats. Les couvreurs savent trier et stocker les vieilles gouttières et les anciens bacs de couverture pour les revendre lorsque le cours du zinc remonte un peu ! C’est utile et pratique car la valeur de revente est convertie par le chef couvreur en primes pour fidéliser les bons ouvriers.

Pourtant, Umicore poursuit sa politique de désengagement de ses activités jugées moins rentables dont font partie les deux dernières business unit zinc, toujours très liées industriellement au matériau de base qu’elles fabriquent. La Business Unit Zinc Chemicals est revendue en 2016. Elle a depuis été rebaptisée Everzinc par son nouvel actionnaire.

Il en sera de même pour la Business Unit Building Products qui est en cours de vente et sortira du groupe Umicore avant la fin de l’année 2017.

Notre division demeure désormais la seule détentrice de la mémoire de la Vieille Montagne dont elle conserve les initiales dans sa marque VMZINC.

Il est intéressant de constater que le zinc laminé qui a constitué dès 1811 la première application de ce nouveau matériau, reste 206 ans après, la dernière activité à porter le prestigieux nom. Et ce n’est pas la moindre fierté pour les collaborateurs qui fêtent cette année les 180 ans de la Vieille Montagne !

Dans le dernier post de cette Saga, le dixième et dernier épisode, je m’adonnerai avec enthousiasme au délicat exercice de projeter VMZINC dans le futur et imaginer ce que sera l’offre de notre entreprise en 2050 !

Roger Baltus
Ingénieur-architecte
Directeur de la communication VMZINC

 

(*) Le dernier laminoir par paquets fut celui de la société Asturiana das Minas à Porto construit en 1945 et démantelé au moment de son rachat par la Vieille Montagne en 1990. Cette acquisition permit à Vieille Montagne de fournir directement son zinc laminé depuis l’usine de Viviez, d’entrer sur le marché du bâtiment au Portugal et de s’impliquer directement dans la mise en œuvre de ses produits par l’intermédiaire de l’entreprise de pose de sa filiale portugaise.

(**) Lorsque le Lundi 18 janvier 1988, le financier italien Carlo De Benedetti annonce qu’il prépare une offre publique d’achat sur la Société générale de Belgique (SGB), on évoque le passage d’un éléphant dans un magasin de porcelaines, celui d’un moderne chez les dinosaures !

La Générale de Belgique appelée aussi la « Vieille Dame », forte d’un siècle et demi d’histoire, apparait comme une pieuvre financière qui étend ses tentacules aux quatre coins du royaume de Belgique dans la plupart des segments de l’économie nationale.

Parmi les participations du holding, à des hauteurs diverses, figurent notamment la Générale de Banque (aujourd’hui fondue dans Fortis), l’énergéticien Tractebel (absorbé par Suez), l’Union Minière (devenue Umicore), CBR (cimentier passé sous pavillon allemand), l’armateur CMB, la FN ou encore Arbed (sidérurgie).

Carlo De Benedetti manquera la cible. De peu. Suez jouera les chevaliers blancs. L’économie belge en sortira secouée, bouleversée, sinon chamboulée.

 

(***) Les techniques originales adoptées pour cette nouvelle fonderie rendent la mise au point très ardue. Le but était d’augmenter le rendement du process et sa rentabilité en l’émancipant de l’approvisionnement en matières premières de haute teneur. Désormais l’usine traite des matières d’origines très diverses (sous-produits des autres usines du groupe, mitrailles en provenance de produits électroniques de la grande consommation (ordinateurs et plus tard téléphones portables). On verra que ce choix s’avèrera très judicieux et porteur d’un succès sans précédent pour les deux décennies qui vont suivre.

Cette période sera marquée par le désengagement de la Société Générale du secteur des non-ferreux (de 50,2% à 25,2% en 1997)

(****) il a dirigé Sogem entre 1988 et 1994, la business unit Cobalt entre 1994 et 1998, le département stratégie entre 1998 et 1999 puis de manière très brève le business group Cuivre et métaux précieux jusqu’en 2000.

  Chronique de Roger Baltus