Mipim 2017 : j’y étais, pour la première fois !


Pourquoi assister au Marché international des professionnels de l'immobilier - le Mipim – qui s’est tenu à Cannes du 14 au 16 mars 2017 ? Qu’est-ce qu’un industriel a-t-il à faire parmi ces investisseurs et ces promoteurs venus du monde entier ? Ne parle-t-on pas plus d’argent, de placements, de programmes que d’architecture et d’écologie ?

Un marché … pour faire son marché !

Chaque année, le Mipim réunit les acteurs les plus influents de tous les secteurs de l'immobilier (résidentiel, bureaux, commerces, logistique, industriel, santé, etc.). La semaine dernière, j’ai donc assisté, pour la première fois, à cette grand’messe ! Cela fait deux ans que nous avions envie de nous rendre sur place et de comprendre comment ça marche. Les bâtiments ne sont quand même pas que des concepts, des maquettes ou des perspectives en CAO. Ils se réalisent bien un jour avec des briques, du verre, du béton, du bois et même avec du zinc ! Et précisément, le Mipim offre un accès sans équivalent aux plus grands projets de développement immobilier en cours ainsi qu’à leurs sources de financement !

19000 m² d’exposition répartis sur 17 halls, 2600 exposants, 24 200 participants en provenance de 90 pays, 5300 investisseurs, 4000 sociétés, des représentants de 500 villes majeures et aussi 400 journalistes : les chiffres clés du Mipim impressionnent, ce salon prend une ampleur croissante d’année en année. Au cours de ces quatre jours, chefs d’entreprise, exposants, investisseurs se sont pressés en masse pour assister à la centaine de conférences organisées, visiter les stands et faire du « networking ».

350 orateurs ont présenté des projets urbains originaux, là des démarches innovantes notamment dans le domaine environnemental.

Mon objectif était double pour cette première participation : prendre la mesure de cet événement majeur (est-ce rentable d’y avoir un stand ? Comment bien préparer notre lobbying ? ) et renforcer des contacts déjà établis avec les directeurs des grands organismes du Grand Paris dont le Président de la Société du Grand Paris Express.

Ce que je retiens de mon Mipim :

  • Ici à Cannes, on est déjà en 2025 voire 2030
    Ce salon est une manière d’apprendre à comprendre la notion du temps dans la construction. Les villes, les élus, les investisseurs, les bâtisseurs, les architectes et les bureaux d’études voient loin. Si le temps de gestation d’une affaire se situe entre deux et trois ans, les grands aménagements urbains, les quartiers nouveaux ou les jeux olympiques se planifient bien plus longtemps à l’avance.
  • Des projets programmatiques déjà très avancés
    On pourrait penser que les milliers d’immeubles et les centaines d’opérations présentées ne sont que des vues de l’esprit, des lignes de fuite, des esquisses matérialisées par des boites sans couleurs ni textures, des investissements froids. A contrario, j’ai pu constater que les projets proposés sont déjà très élaborés en matière de forme et de matériaux permettant déjà de savoir sur lesquels se positionner.
  • Des affaires à faire
    A Cannes, il n’y a qu’à tendre l’oreille pour entendre le directeur immobilier de la SNCF proposer à la mise à la vente 50 hectares de friches ferroviaires dans Paris intra-muros, soit plus du tiers du foncier encore disponible dans la capitale. Pour apprendre que des projets d’aménagements pullulent dans les grandes villes et les métropoles sur les cinq continents qui toutes luttent entre elles pour être influentes encore à moyen terme. Comme par exemple un vaste projet à Hambourg, un autre à Toronto, d’autres encore à Istanbul. Il n’y a qu’à se baisser pour récupérer les plaquettes des collectivités et des property managers et glaner les coordonnées des acteurs de chaque projet, en plus des photos des « renders » des façades et des plans détaillés.
  • Le retour des Russes et des Allemands
    Cette année a signé le retour des investisseurs russes et allemands. On y a noté aussi la présence turque et son spectaculaire pavillon (aussi grand que celui du Grand Paris) où trônait une gigantesque maquette d’Istanbul, très bien réalisée, décrivant toutes les opérations immobilières en cours ou à venir.
  • Un bilan plutôt positif
    Beaucoup de projets identifiés dans toute l’Europe, des contacts à suivre et des enveloppes métalliques remarquées qui pourraient devenir du VMZINC !
  • Y reviendra-t-on ?
    Vraisemblablement comme visiteurs tout aussi actifs mais peut-être aussi comme orateurs si nous pouvons participer à une table ronde entre industriels ou si nous pouvons organiser une conférence thématique. Par exemple sur l’évolution des contraintes de l’enveloppe des bâtiments ou sur la densification urbaine avec les surélévations ou les requalifications de bâtiments existants.

A suivre donc !

Et vous : y étiez-vous ? Votre avis m’intéresse.

 

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus