« Avoir une stratégie ne suffit pas : il faut aussi avoir une raison d’être »

Le zinc est apparu, grâce à la Vieille Montagne, au milieu du XIXème siècle. Et pourtant, il s’est imposé en seulement quelques dizaines d’années au sein d’une communauté exigeante, celle des couvreurs. C’est en substance ce que m’a rappelé il y a quelques semaines Mr Jean-Marie Tong, un merveilleux et très compétent couvreur belge, grand spécialiste du zinc (et seulement du VMZINC !), mais aussi un fin connaisseur de l’histoire liégeoise de la société de la Vieille Montagne.

Dans la perspective des 180 ans de notre société, le 24 mai prochain (1837 – 2017), cet échange ne pouvait que m’interpeler. Comment le zinc a t-il réussi ce tour de force inégalé de devenir si vite indispensable? En quoi l’entreprise Vieille Montagne (aujourd’hui VMZINC pour les non-initiés et nouveaux lecteurs de mon blog !) a-t-elle contribué à cette notoriété ?

Comprendre le passé prépare toujours le présent et prédispose à l’avenir !

Une polyvalence bien marketée : l’ADN pionnier de la Vieille Montagne

J’ai rencontré Jean-Marie Tong, lors de l’un de mes récents séjours en Belgique, dans le cadre du projet de la rénovation de la Maison directoriale de la Vielle Montagne à La Calamine (réseau européen des musées de la VM). Sa société familiale de couvreur-zingueur, basée à Crisnée, réalise de nombreux chantiers patrimoniaux (voir la vidéo de l’entreprise sur vmzincatwork.be)

Jean-Marie Tong et ses fils connaissent particulièrement bien les techniques d’origine de pose du zinc que les ingénieurs de la Vieille Montagne ont mis au point à la fin du XIXème siècle. Notamment celle de la toiture dite à tasseaux brevetés qu’il met encore en œuvre régulièrement sur de nombreux monuments historiques belges.

Son point de vue d’enseignant (école des métiers du bâtiment) lui permet de mettre en perspective l’usage des différents matériaux de couverture sur plusieurs siècles. « Vous savez, me disait-il, le zinc est un jeune matériau à l’échelle de l’histoire de la construction. Ce n’est pas comme la tuile, l’ardoise, le cuivre et le plomb, qui sont, pour certains de ces matériaux, utilisés depuis l’antiquité. Ces matériaux, du fait de leur antériorité, sont ainsi bien connus des couvreurs. Le savoir-faire s’est transmis de génération en génération.»

Pour le zinc, il en a été autrement. Ce nouveau matériau fait soudainement son apparition au début du XIXème siècle. Il faut tout créer, tout inventer. En un peu moins d’une cinquantaine d’années (entre les années 1810 et 1850), les techniques d’assemblage, de fixations et les modes de pose sont établis en liaison avec une profession naissante, celle des zingueurs dont on pense pourtant de nos jours qu’elle est ancestrale !

Et Mr Tong de rappeler : « ce tour de force doit beaucoup à l’entreprise Vieille Montagne qui s’est directement impliquée dans la création et le développement des applications du zinc ainsi que dans l’accompagnement des professionnels chargés de concevoir les toitures et d’installer ce matériau»

Un constat que je corrobore puisque dès la mise à disposition aux professionnels couvreurs d’un zinc de qualité et abondant, les ingénieurs de la Vieille Montagne n’ont eu de cesse de proposer des systèmes et des solutions pour résoudre quasiment toutes les situations que l’on rencontre sur un toit !

Nous avons parcouru avec Jean-Marie Tong les anciens catalogues de la Vieille Montagne. Il en possède comme moi de très anciens (*) qui constituent autant de sources d’inspiration et de preuves de cette démarche unique pour l’époque. Nous avons en particulier un ouvrage – « zinc roofing » - édité aux USA en 1851 (voir photo jointe) qui explique de manière très didactique tout ce qu’il est possible de faire avec ce nouveau matériau. L’implication des ingénieurs et la réalisation de documents professionnels démontrent la puissance de ce qu’on appellerait aujourd’hui le « marketing » pionnier et très assumé de son offre par la Vieille Montagne

(*) A lire : « le premier ouvrage pratique de zinguerie par monsieur Eugène Smits (ingénieur de la Vieille Montagne et professeur à l’école de plomberie de Liège) en 1904 et ces magnifiques ouvrages de référence que sont les « Instructions Pratiques » déjà édité vers 1881 dont les croquis à eux seuls permettaient aux couvreurs une mise en œuvre sans souci et sans faille »

Que faisons- nous mieux que les autres depuis 180 ans ?

A l’heure où nous allons célébrer le 24 mai prochain, le 180ème anniversaire de la Vielle Montagne, je me suis ainsi posé la question suivante : Que faisons- nous mieux et différemment des autres depuis 180 ans pour être toujours l’acteur de référence du marché ?

C’est un article publié dans la Harvard Business School de décembre dernier qui m’a mis la puce à l’oreille : « Avoir une stratégie ne suffit pas : il faut aussi avoir une raison d’être ». Ce papier passionnant se concluait par cet édifiant questionnaire :

« Pour savoir si une entreprise a une raison d’être, il suffit de poser trois questions à son dirigeant :

  • Si votre entreprise disparaissait, qui la regretterait vraiment (à part vous) ?
  • A quels clients manquerait-elle le plus et pourquoi ?
  • Combien de temps faudrait-il pour qu’un concurrent comble ce vide ?

Lorsque les réponses sont « personne », « aucun » et « très peu de temps», l’entreprise n’a pas de raison d’être ». Ce questionnaire et ses conclusions sont évidemment un peu simplistes mais ils ont le mérite d’aller à l’essentiel !

A titre personnel, et à après plus de trois décennies dans cette entreprise à diverses fonctions (directeur commercial, marketing, communication notamment), je pense que notre raison d’être ne peut pas se résumer seulement à une compétence technique ou commerciale autour du zinc, ni à l’esthétique de nos produits, ni à leurs applications. Elle est pour moi inhérente à la capacité du zinc et de nos systèmes de traiter/gérer l’écoulement de l’eau de pluie et d’empêcher par tous les moyens celle-ci de rentrer à l’intérieur des bâtiments.

Je crois bien que vous - les couvreurs- zingueurs -auriez beaucoup à nous dire à ce sujet. Ne vous en privez pas, car la réussite fulgurante du zinc est intrinsèquement liée à la compétence du couvreur et réciproquement le métier du couvreur lié à notre compétence d’industriel.

Ce que le zinc permet, d’autres matériaux ne le peuvent pas – tuiles – ardoises- membranes – aluminium (ce dernier en particulier en ne se soudant pas sur le chantier est de ce fait jugé beaucoup moins fiable par les installateurs, en particulier parce que les jonctions en alu doivent être faites par collage et rivetage).

En conclusion, voici donc résumée la raison d’être de VMZINC :

« La particularité de VMZINC, c’est , autour des qualités uniques du zinc laminé dont nous sommes le spécialiste de la métallurgie, et d’une offre large de solutions et de services, d’avoir créé dès l’origine et de continuer à pérenniser mieux que quiconque un éco- système impliquant toute la chaine d’intervenants dont les couvreurs -zingueurs, en vue d’empêcher, pour longtemps, l’eau de pluie, sous toutes ses formes, de pouvoir pénétrer à l’intérieur des bâtiments par leur enveloppe »

 

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus