Prix Pritzker 2017 : pour la première fois un trio !

Le 39ème prestigieux Pritzker - l’équivalent du Nobel pour les architectes – a été décerné le 1er mars à Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta, un trio d’architectes espagnols qui collaborent ensemble depuis 1988. «Leur travail montre un engagement sans faille dans un lieu et son histoire, pour créer des espaces en dialogue avec leur contexte» a indiqué Tom Pritzker, fils du fondateur du prix

Cette annonce m’a ravie. D’abord, comme je l’ai déjà évoqué dans un post précédent, les architectes travaillent en bande. Cette tendance de fond, particulièrement prégnante chez la jeune génération, s’est amorcée chez des professionnels précurseurs. Ce Pritzker récompense donc, à parts égales et pour la première fois, un trio. Est-ce la fin des stars ? C’est sans doute un signal fort donné par ce prix qui jusqu’à ce jour célébrait plus volontiers des monstres sacrés de l’architecture. Dès l’an dernier, le mouvement ne s’était-il pas enclenché avec la récompense attribuée au Chilien Alejandro Aravena, fondateur de l'agence Elemental Aravena, un architecte travaillant pour les modestes (et qui depuis, est devenu une star !).

Ce Pritzker 2017 attribué aux fondateurs du cabinet RCR ne me surprend pas vraiment car l’Espagne forme actuellement les meilleurs architectes au monde. Nous pouvons en témoigner dans nos concours (Trophée Archizinc). Ils y « trustent » les premières places notamment dans la réhabilitation ou la requalification de bâtiments anciens (c’est une des raisons pour lesquelles RCR a été remarqué). La terrible crise espagnole du bâtiment a amplifié ce phénomène. De nombreux jeunes espoirs ont dû se résoudre à travailler à l’étranger, ce qui a encore contribué à augmenter leur influence.

Autre facteur d’intérêt personnel pour ce Pritzker 2017 : Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta aiment les matières brutes et nobles dont le zinc. J’ai visité l’été dernier le Musée Soulages à Rodez dont ils sont les maitres d’œuvre. Certes, j’adore les peintures abstraites de Soulages. Mais j’avoue avoir passé autant de temps à analyser le contenant que le contenu de ce superbe bâtiment. Les grandes boîtes couleur rouille (en acier Corten) sont sublimement posées sur le foirail de la ville. Cet écrin parfait est en quelque sorte devenu le Guggenheim local !

Dernier élément de satisfaction : notre matériau (dans sa présentation noire Anthra-Zinc ® a été utilisé dès 2002 par l’agence RCR pour l’habillage de la casa M-Lidia, une splendide maison individuelle posée délicatement dans la campagne près de Girona.

 

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus