Mémoire européenne de la Vieille Montagne : l’histoire continue !

Depuis trois ans, un mouvement - à l’origine non concerté et spontané – s’est engagé dans trois pays d’Europe pour pérenniser l’histoire et le patrimoine du zinc de la Vieille Montagne. Pour diverses raisons, je me suis impliqué dans cette formidable initiative. Voici pourquoi et comment.

Un musée en Belgique

Cette histoire commence dans la commune belge qui a vu naître notre entreprise. En 2014, une lettre du bourgmestre récemment élu de La Calamine (une petite ville située en Belgique à deux kilomètres de la frontière Allemande et à dix kilomètres d’Aix la Chapelle) arrive sur le bureau de Marc Grynberg, le CEO d’Umicore. Très joliment écrite, elle sollicite la bienveillance du groupe pour qu’il considère avec attention le projet que le dit bourgmestre entreprend : celui de racheter l’ancienne maison directoriale de la Vieille Montagne pour y déplacer l’actuel modeste musée de la mine. Il s’agit de la fameuse mine de l’Altenberg exploitée au début du XIXe siècle par le chanoine Dony pionnier de l’industrie du zinc.

A Bruxelles, on pense aussitôt à la Business Unit Building Products, à Bagnolet, à sa marque VMZINC qui en perpétue l’héritage … et à un certain liégeois qui y travaille encore : c’est à dire moi-même ! Et c’est ainsi que je me retrouve à visiter ce très beau bâtiment de style Art Nouveau géométrique datant de 1910. A ma grande surprise, je constate que, malgré des changements d’affectation, il reste encore de nombreux éléments décoratifs d’époque notamment dans les couloirs et dans le grand escalier central. Avec un vrai plaisir, je note que la toiture à la « mansard » en zinc - d’origine (elle aura donc bientôt 107 ans !) - est encore en assez bon état avec sa belle patine presque blanche. Le terrasson est réalisé selon le système dit à tasseau breveté de la Vieille Montagne, et les brisis sont couverts de panneaux agrafés - imitation ardoise – de type Jamart, le nom d’un ingénieur de la Vieille Montagne qui l’avait mis au point, système qui faisait partie du catalogue de l’entreprise au début du XXe siècle.

*

Photo : Futur musée de la Mine à La Calamine en Belgique (ancienne maison directoriale de la Vieille Montagne sur le site de la mine historique)

Je ne soupçonnais pas alors que cette visite allait m’entraîner dans une suite de belles rencontres toutes liées à la riche histoire de la Vieille Montagne. Au-delà de la demande de sponsoring pour restaurer la toiture, l’équipe du musée de La Calamine me sollicite également pour que nous participions à la réflexion sur le contenu muséal. Pour cela, on me met en relation avec le Musée de la Métallurgie et de l’Industrie de Liège (MMIL) et le département d’histoire à l’Université de Liège. Je rencontre rapidement différents acteurs locaux, d’éminents professeurs et des historiens dont certains m’expliquent comment les Archives de la Vieille Montagne ont été réparties après le déménagement de son siège historique d’Angleur vers Woluwé St Lambert (Bruxelles) en 1989, au moment où nous avons été englobés au sein du groupe Union Minière (à lire dans un futur épisode de la Saga de la Vieille Montagne!)

En Allemagne et en Angleterre : une envie commune de reconstituer le patrimoine historique

Au même moment, Knüt Konig de l’équipe VMZINC à Essen (Allemagne) me signale qu’il a été contacté par Mr Daniel Sobanski, un représentant du Musée de la Métallurgie d’Oberhausen qui, lui aussi, recherche des informations sur la Vieille Montagne pour étoffer la section des non-ferreux et relancer les visites autour des vestiges des anciens fours à zinc. Il faut savoir que la ville d’Oberhausen qui compte aujourd’hui plus de 200 000 habitants s’est constituée et a prospéré en un siècle et demi autour de l’usine initiale de la Vieille Montagne appelée ici l’Altenberg.

Fin 2015, Jon Lowy, de l’équipe VMZINC de Hertfort (Royaume Uni), me sollicite suite à un appel reçu d’Alastair Robertson, le président d’une association qui milite pour la mise en valeur de la présence et de l’action de la Vieille Montagne dans la région des lacs au Nord de l’Angleterre (à quelques dizaines de kms de l’Ecosse). Celui-ci nous invite à célébrer le 120ème anniversaire de l’acquisition de la mine de Nenthead par la Vieille Montagne, un site qu’elle a exploité pendant plus d’un demi-siècle entre 1896 et 1952.

Photo : Vue ancienne des installations de la mine de Nenthead

C’est ainsi qu’avec Jon, nous nous sommes retrouvés au début du mois d’août 2016 dans la salle des fêtes de Nenthead pour rappeler à un public modeste mais très réceptif que la Vieille Montagne sous sa marque actuelle VMZINC, produisait, transformait et exportait toujours du zinc dans le monde entier. Nous avons pu ressentir l’incroyable attachement des descendants de ces mineurs à notre entreprise. Il faut rappeler que celle-ci, qui après avoir fortement investi pour améliorer les conditions de travail, avait contribué à une certaine prospérité à cette communauté.

Il nous en reste le souvenir ému de deux belles journées passées sous le pâle soleil de cette région rude et sauvage. Nous avons pu visiter la mine et son petit musée, échanger avec des habitants, des historiens locaux et même des géologues intarissables sur la teneur en zinc et en plomb des minerais anglais.

Un parcours européen des sites historiques de la Vieille Montagne

Autant de ferveur autour de notre entreprise ne pouvait laisser le groupe indifférent. Cet évènement venait de marquer le point de départ d’un projet plus large que nous nous sommes promis de mener à bien : celui de la création d’un possible parcours Européen des sites historiques de la Vieille Montagne.

Chacun a évoqué sa situation et l’ambition de son projet local. Alastair Robertson a montré le site internet « Vieille Montagne History » qu’il a créé récemment et dans lequel il évoque l’histoire de la mine de Nenthead et, plus globalement celle de la présence de la Vieille Montagne en Angleterre d’ailleurs amicalement prononcée et déformée en « Billy Montain » en Angleterre (alors que nos collègues allemands parlent eux de « Viel Montag »)

Photo : Couverture du livre d’Alastair Robertson (histoire de la mine Vieille Montagne de Nenthead)

Etant toujours propriétaire de la marque Vieille Montagne, nous avons proposé à nos collègues d’étendre le site Internet « Vieille Montagne History » aux autres pays européens du groupe, le service communication de la business unit de Bagnolet pouvant à terme participer à sa gestion.

A ce stade, en ce début d’année 2017, chaque interlocuteur recherche des informations précises, des archives ou des objets liés à son site.

Nous sommes donc repartis d’Angleterre avec le mandat implicite de « faire quelque chose » pour accélérer ce classement indispensable. Le travail sera long mais certainement très riche en découvertes. La suite très vite dans un prochain Post !

 

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus