L’innovation est dans notre ADN

L’innovation ne se décrète pas. Elle résulte d’une démarche volontariste et impliquant tous les métiers d’une entreprise. C’est ce que démontre Arnaud Peters - jeune docteur en histoire de l’Université de Liège et certainement l’un des meilleurs spécialistes européens de l’histoire de la métallurgie des métaux non ferreux – dans son livre bien nommé « La VIEILLE MONTAGNE – Innovations et mutations dans l’industrie de zinc » aux Editions de la Province de Liège, qui détaille les processus d’innovation déployés à la Société des Mines et Fonderies de zinc de la Vieille Montagne entre 1806 et 1873!

Innover, c’est culturel chez VMZINC

Nous ne pouvions pas rester insensible à ce travail de grande qualité. Lorsque nous avons été informé de sa démarche, nous étions au sein de VMZINC en train de réfléchir à ce qu’était l’ADN de notre entreprise. Au-delà de la dimension sociale que j’ai évoquée dans ma saga « La fabuleuse histoire de la Vieille Montagne – épisode 6 » ou internationale (notre entreprise a été la première multinationale en Europe), les membres du comité de direction partageaient la même conviction : l’innovation a toujours été au centre de la culture et du succès de l’entreprise. C’est pourquoi, nous avons accepté de participer au financement de cet ouvrage dont la préface a été signée par Christophe Bissery, responsable du département R&D et applications environnementales chez VMZINC.

Sans cesse améliorer le procédé initial !

Ce qu’Arnaud Peters donne à voir dans son analyse très fouillée des archives de notre société au XIXe et du XXe siècle, (conservées aux Archives de l’Etat à Cointe sur les hauteurs de Liège et certainement le fonds industriel le plus riche d’Europe) c’est que l’innovation n’était jamais le fait du hasard ou du génie de quelques cadres brillants. Elle a été le fruit d’une action structurée dont le but était en permanence d’améliorer le procédé initial de l’inventeur Jean-Jacques Daniel Dony dit «du four Liégeois».

Sans entrer dans les détails, voici quelques caractéristiques de ces démarches d’innovation développées en quasi-autarcie (on note en effet peu de partenariats ou de rachats de technologies)

• Mise en place d’une veille technologique internationale, certainement une des premières dans le monde,

• Dépôts réguliers de brevets dès le milieu du XIXe siècle suite à une décision stratégique liée à la volonté de protéger les inventions. Les brevets sont déposés systématiquement au nom du directeur de l’entreprise et non pas au nom de l’ingénieur innovateur

• Partage des informations entre directeurs des sites lors de réunions régulières

• Culture de l’expérimentation et de l’essai en vraie grandeur,

• Autonomie de chaque site de production avec même la mise en compétition entre sites (tous pays) dans la recherche et la mise au point de nouveaux procédés,

Liège en mouvement

La présentation du livre a été organisée le 5 décembre 2016 dans un lieu très symbolique, le musée de la métallurgie et de l’industrie de Liège (MMIL) qui regroupe de nombreux documents, des illustrations et des outils industriels de la grande époque de la ville. En particulier ceux associés aux « 5 grands » de la région liégeoise, Cockerill, Ougrée-Marihaye, Espérance-Longdoz, la FN (Fabrique Nationale d’Armes) et la Vieille Montagne, les contributeurs à ce musée.

Ce petit pèlerinage dans ma ville de naissance m’a permis de constater que Liège bouge. Est-ce le syndrome Guggenheim (*) engendré par la construction de la spectaculaire gare de Santiago Calatrava (inaugurée en 2009), qui a généré un nouvel axe majeur vers la Meuse ? Cet axe se prolonge par une passerelle donnant sur le musée des beaux-arts de la Boverie (rénové en 2015 par l’architecte français Rudy Ricciotti) puis sur la nouvelle cité des Médias et enfin sur le MMIL qui pourrait, à terme, en tirer parti en terme d’affluence.

Après un verre de vin des coteaux de la Meuse, j’ai repris le Thalys en promettant à Arnaud Peters de l’inviter à l’occasion d’un de nos prochains comités de direction pour qu’il vienne évoquer dans le détail ces éléments de l’ «ADN innovation » de la Vieille Montagne.

L’enjeu : nous faire comprendre ce qui dans les processus d’innovation actuels chez VMZINC reste original et fondé sur la culture originelle de l’entreprise et ainsi valider la maxime de Christine de Suède qui affirmait : « La science de ton passé est ton passeport pour l'avenir ».

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus