Mes meilleurs vœux pour 2017 !

 

 

A nouvelle année, nouvelles perspectives. Voici les miennes pour notre société et notre secteur d’activité à la manière d’un questionnaire de Proust.

Mon mot préféré

C’est « astragale » ou bande d’astragale qui est pièce de finition moulurée ou simplement ourlée en zinc utilisée dans les faîtages, les rives et parfois comme frise d'ornement sous les membrons.

Mon revêtement de surface rêvé

Les revêtements « scratch and sniff ». On les touche et il s’en dégage un parfum ou une odeur ! Mais ce qui me plait encore plus, ce sont ces façades faites de petits éléments mobiles commandés par ordinateur qui se mettent en mouvement au son de la musique !

La qualité que je préfère chez les architectes

Leur positive ingénuité lors des visites de chantier lorsqu’ils voient leurs dessins devenir la réalité d’un bâtiment. L’architecte est le seul acteur de la chaine de décision du bâtiment qui veut créer quelque chose d’inédit. Pas pour s’enrichir mais pour changer le monde. Il faut aimer les architectes.

Celle que j’envie aux (bons) zingueurs

Les zingueurs constituent une élite professionnelle. Risques, intempéries, complexité technique, ils ont le devoir d’être parfaits car le toit doit protéger les habitants et leurs valeurs pour longtemps. Ils ont une sereine confiance en leur savoir-faire qui leur permet de toujours trouver une solution. Dieu est dans les détails mais ce sont les zingueurs qui les réalisent ! Il faut admirer les zingueurs

Mes héros et héroïnes favoris dans le bâtiment :

Mon modèle et ma référence depuis mes études est l’architecte Italien Pier Luigi Nervi. Il représente pour moi la plus belle et la plus efficace des synthèses entre la rigueur de l’architecte et la fantaisie de l’ingénieur ! J’admire aussi le suisse Peter Zumthor, qui a l’air d’un bûcheron mais qui, à chaque réalisation, me bluffe par la force et l’émotion que suscitent ses bâtiments. Peter, si tu pouvais sourire sur les photos ! Mon héroïne est une architecte, Catherine P., que j’ai vue tenir tête lors d’une réunion de chantier à des entrepreneurs qui pensaient s’en tirer à bon compte. Très calmement, très pédagogiquement, elle leur a fait, l’un après l’autre –maçon, charpentier, couvreur- refaire les travaux qui n’étaient pas (parfois du tout) conformes à ses plans. Une force tranquille qui les a fait repartir comme des petits garçons pris en faute dans la cour de récréation !

Le bâtiment qu’il reste à imaginer

Le premier Mac Do sur Mars!

Le bâtiment que je voudrais construire

Une église dont le toit serait une immense verrière et dont le sol à l’intérieur serait une pelouse que l’on tondrait avant chaque messe. Les fidèles auraient ainsi les pieds sur terre et une douce odeur d’herbe coupée dans les narines. Les plans sont prêts !

L’innovation la plus inspirante à espérer dans le bâtiment :

Je pense très sincèrement que l’imprimante 3D n’en est qu’à ses balbutiements. Du plastique, on est passé au béton, maintenant au métal. On peut désormais fabriquer une maison complète et on commence déjà à réaliser des ponts !

La ®évolution que j’attends en 2017

Tous les produits de masse qu’on peut détourner me fascinent : palettes en bois, parpaings de béton, containers maritimes, … Ces derniers en particulier me font faire le lien avec la préfabrication des logements. En ce moment, cela part dans tous les sens. C’est le rêve constructif des années 60 qui devient réalité. Il est possible aujourd’hui de pré-fabriquer des logements zéro-énergie en usine. Il n’y a donc plus d’excuses pour encore laisser vivre des milliers de personnes dans la misère énergétique ! J’en parlerai en 2017.

Le pays (ou la ville ou la région) qui méritera toute notre attention en 2017

Alep en Syrie. Mossoul en Irak. Comment va-t-on reconstruire tout cela ?

Le talent à suivre de près cette année

La remise du Priktzer price 2016 au chilien Alejandro Aravena a ouvert la réflexion et le débat sur des pratiques plus engagées et plus proches des démunis. Y aura-t-il un effet Aravena ? Je l’espère même si je ne crois plus vraiment à l’impact d’un seul individu, d’un architecte démiurge pour changer les choses. Je fonde plus d’espoir sur les collectifs pluridisciplinaires de jeunes bâtisseurs qui éclosent un peu partout, assemblages de profils et de compétences très divers, plus « makers » que « thinkers », plus en phase avec la réalité de la vie des gens, fonctionnant sur le registre des start-ups, sans réelle recherche de gloire ni d’esthétique mais plus de solutions qui marchent et qui impliquent les habitants. A cet égard, le collectif Assemble à Liverpool (voir mon post sur le quartier de Grandby) me plait parce qu’il joue avec les codes. C’est de la démocratie constructive.

Ma devise préférée :

Est-ce que nous n’osons pas parce que les choses sont difficiles ou bien les choses ne sont-elles pas difficiles parce que nous n‘osons pas ?

Mon année préférée :

Celle à venir !

Roger BALTUS

Ingénieur- Architecte

  Chronique de Roger Baltus