WAF Berlin : la plus grande densité mondiale d’architectes au m2 !

 

 

Le World Architecture Festival (WAF), organisé à Berlin du 16 au 18 novembre 2016, a tenu toutes ses promesses. Trois jours durant, architectes et designers d’intérieur de renommée mondiale ont débattu, échangé et, pour certains, ont été primés. Une expérience formidable et inspirante !

Berlin, épicentre de l’inspiration architecturale

Dès début 2016, nous voulions savoir ce qui se passait dans cette grande messe de l’architecture dont les quatre dernières éditions s’étaient déroulées à Singapour. Des habitués avaient laissé entendre que le WAF ronronnait un peu et qu’il était temps de changer d’air ! D’où la décision de venir en Europe. Mais pas n’importe où, à Berlin, une ville emblématique où l’on construit beaucoup. Une capitale dont on dit, du point de vue culturel, que « c’est là que ça se passe » !

Nous n’avons pas été déçus par le voyage. Avec l’alibi d’un stand modeste mais très bien situé devant la sortie de la principale salle de conférence de l’Arena de Berlin (ancien bâtiment industriel conservé dans son jus), nous avons pu participer de l’intérieur à un évènement d’architectes pour les architectes.

Car le WAF est avant tout un immense concours d’architecture à l’occasion duquel on remet essentiellement 4 prix (concernant 4 thèmes : World Building, Interior, Future Project and Landscape of the Year), prix décerné parmi 350 réalisations finalistes, lors d’un gala exceptionnel. Une sorte de festival de Cannes pour l’architecture en somme.

Sur scène et dans la salle, la crème de l’architecture mondiale. On a pu y croiser David Chipperfield (membre du jury –World Building), Patrik Schumacher (successeur dans l’agence de la regrettée Zaha Hadid et auteur d’une présentation très controversée) ou d’Erik Parry ainsi que des représentants des agences Aedas, Arup associates, Coop Himmelb(l)au & partner, Forster & partner, Ian Ritchie architectes, Arup associates, Jacques Ferrier architecture (à notre table lors du gala) , AREP, Spark Architects, MVRDV, Nikken Sekkei (lauréat de notre récent Archizinc Trophy). Par ailleurs, la présentation par le célèbre et bienveillant designer Ross Lovegrove, de ses récentes productions dans le domaine de l’éclairage a aussi été saluée.

Il se dit que les architectes sont égocentriques voire narcissiques. Je ne me prononcerai pas ici car je suis juge et partie ! Néanmoins, ce que j’ai vu avec mes collèges s’apparente tout de même à une gigantesque auto- célébration de la profession et de quelques-unes de ses stars.

Le gala - très réussi - s’est tenu dans l’un de ces lieux dont Berlin a le secret : la Postbahnhof, une ancienne halle de tri postal proche de la gare d’Ostbanhof. Un site industriel magnifique avec un sol encore couvert des dalles de fonte d’origine et une charpente du début du XXème siècle réalisé en tôles épaisses d’acier rivetées. Dans cet écrin, j’ai eu le sentiment de me trouver dans le centre de gravité du métier et de ses serviteurs!

Un festival pour débattre, se projeter, conceptualiser

Au-delà de ces remarques sur la forme, j’ai beaucoup apprécié le temps et le soin laissé aux participants du monde entier pour présenter leur travail. Chaque projet nominé a en effet été l’objet de questions et d’un débat sur le contexte et les conditions de sa réalisation. Les quelques stars dans les jurys ont distillé leurs conseils bienveillants ou leurs questions parfois acides sur des choix formels ou constructifs. De quoi comprendre les similitudes mais aussi les différences de pratique d’un continent à l’autre.

Que peut-on retenir des tendances? Y a-t-il d’ailleurs des tendances ? Pas facile à déceler car on a surtout parlé de ce qui est visible en architecture – le style et l’intégration au site - c’est-à-dire comme en sport, de la performance et pas des entrainements ou des efforts pour la faire !

Toutefois la ville et l’urbanisme durable sont au centre des préoccupations. On constate que les projets sont tous très contextuels et cherchent à optimiser la consommation des matériaux et des énergies. Autre fait majeur : le rôle de l’architecte se complexifie, non seulement du fait de l’intégration obligatoire des nouveaux outils de conception (BIM) mais aussi parce qu’il interagit à toutes les échelles : celle des bâtiments qu’il dessine, des quartiers entiers et même de villes complètes.

Cette permanente synthèse à faire entre les aspects techniques, la dimension politique, l’attente des habitants de plus en plus prise en compte, les enjeux énergétiques et environnementaux, pourraient laisser entendre que la qualité architecturale – la forme et le look des bâtiments – serait laissée pour compte. Il n’en est évidemment rien. La beauté du résultat reste un objectif fondamental, qui dans les réalisations réussies doit beaucoup à la prise en compte judicieuse des contraintes.

Force est de constater que les architectes européens – exception faite des Anglais - étaient peu nombreux à cette édition berlinoise. La majorité des participants venaient de beaucoup plus loin – pays asiatiques, Australie ou USA. Une aubaine pour nous car ce sont eux que nous voulons convaincre d’utiliser nos zincs patinés et colorés !

Mais au WAF, il faut le savoir, les architectes et les designers d’intérieur ne viennent pas pour rencontrer les équipes commerciales ni pour entendre leurs arguments. C’est une relation « subliminale » qui s’instaure avec eux. A cet égard, les architectes ont pu apprécier que nous savions parler d’autre chose que du zinc, que nous avions une réelle appétence pour la qualité architecturale et un profond respect de leur métier.

Y serons-nous en novembre 2017 ?

Au WAF 2016, nous étions six représentants architectes ou «architecture minded» de VMZINC, des prescripteurs d’Allemagne, du Benelux, de France, du Royaume-Uni, des USA, d’Australie et de Turquie.

Il y peu de doute sur notre participation à la prochaine édition – toujours à Berlin - avec un stand plus élaboré et le même enthousiasme !

  Chronique de Roger Baltus