Fab labs/Living labs : le plein d’énergie

 

 

 

Dans le monde, on constate une croissance de plus 70% de la création d’espaces de coworking entre 2012 et 2014 ! Cela représente 4000 lieux supplémentaires pour un total de 5780 espaces disponibles. C’est dire l’intérêt que ces dispositifs suscitent.

A deux reprises au cours des quinze derniers jours, j’ai eu l’occasion d’apprécier l’ambiance conviviale et inspirante de deux de ces lieux qui ont le vent en poupe actuellement : les « fablabs » et/ou les espaces de « coworking » organisés selon le concept de « living lab ».

Fab-labs : ambiance détendue et atmosphère studieuse

Le premier exemple d’espace de coworking est un Fab-Lab. C’est à dire un accélérateur de start-ups (*), lieux de travail et d’échanges pour des équipes ayant des projets déjà très avancés (concept validé, au stade du prototype, en recherche de financement et de partenariat industriel). A ne pas confondre avec l’incubateur qui est une sorte de couveuse pour entreprises naissantes dont l’offre n’est pas encore clairement définie et dont le business model reste encore à valider.

Dans le fab-lab Impulse-partners à Paris1, nous avons tenu un comité de direction sur le thème du déploiement de la transformation digitale de notre activité. La large baie vitrée de notre salle de réunion donnait sur cette sorte de fourmilière en plein essor ! Moyenne d’âge largement sous les 35 ans. Tenues décontractées et atmosphère studieuse. On ne se pose pas de questions sur le niveau sonore ambiant ni sur la densité de collaborateurs au m² dans les fab-labs ! Ce qu’il faut au minimum, c’est disposer d’une portion de l’un des longs plateaux alignés, avec son ordinateur et le siège associé. On ne sait pas qui est le chef sauf quand on s’intéresse au business et que l’on pose des questions. Celui vers qui on nous renvoie ou celui qui parle en premier est le porteur du projet !

A l’issue du comité de direction, nous avons demandé à rencontrer directement quelques uns de ces jeunes dirigeants. Nous n’avons pas été déçus : beaucoup de professionnalisme – infos simples et claires – de l’aplomb et du répondant. Ils ont la force de la foi en leur idée et leur projet. Le plus marquant pour nous a été leur capacité à «pitcher »2 leur démarche en 5 minutes de présentation suivies de 3 minutes de questions –réponses.

Ces échanges avec ces professionnels créatifs, déterminés et impliqués ont été une expérience assez enrichissante pour l’ensemble du comité de direction. Nous avons ainsi mieux compris comment, pourquoi et dans quelles conditions cette génération a envie de travailler.

Certains de ces entrepreneurs viennent de grandes écoles (Polytechnique ou Centrale pour Openergy) et font le choix, sans regret, après avoir testé des entreprises du CAC 40 de créer ce genre de petites structures travaillant en mode projet (caractéristique majeure des start-ups). De quoi donner du grain à moudre à notre comité de direction qui se demande comment être ou rester attractif pour ces jeunes cadres ?

Ci-dessous le nom des cinq start-ups rencontrées. Cliquer sur leurs sites Internet, contactez-les, vous ne serez pas déçus !

Openergy : Simulation et mesure performances énergétiques des bâtiments (www.openergy.fr)

DC Brain : Gestion intégrée de réseaux d’énergie (http://www.dcbrain.com/)

Dispatcher : Plateforme web & mobile permettant d’optimiser l’utilisation du matériel de chantier (https://fr.dispatcher-pro.com/)

Stimulab : Education thérapeutique des collaborateurs par le digital (http://stimulme.com/)

Chouette Copro : Plateforme collaborative de gestion d’immeuble en copropriété (https://www.chouettecopro.com/)

Living-lab : susciter les synergies, partager

Quelques jours plus tard, je m’y suis rendu à l’espace collaboratif VOLUMES3 afin d’assister à une conférence (open lecture) d’un professeur italien Dr Andrea Graziano (InFORMed matter) sur le thème du design informatique.

Cet exposé lançait en fait l’année scolaire d’un master spécialisé « Advanced Master in Computational Design and Making ». Le but de ce master (en partenariat avec l’Ecole des Ponts Paris tech, La Gaité Lyrique –Collège of Art, le WoMa fablab et le lieu qui nous accueillait : VOLUMES coworking) est de fournir aux étudiants une culture multi- disciplinaire du design numérique, depuis la conception paramétrique jusqu’à la connaissance exhaustive de l’impact du design digital et des outils de réalisation sur les professions artistiques du design, de l’architecture et de l’ingéniérie. La formation a été pensée comme une «expérience augmentée» incluant des cours, des ateliers de prototypage, des conférences, des visites d’espaces de production et des évènements pour mettre en contact des représentants de ces différentes disciplines.

VOLUMES se définit donc comme un espace collaboratif d’échanges (Coworking) et un « maker space ». Le mouvement des makers combine startups innovantes, bricoleurs, bidouilleurs et entrepreneurs créatifs. Le maker s’appuie sur les ressources de la technologie numérique pour concevoir par lui-même et en toute autonomie des objets alliant design et utilité. Face au conformisme et à la standardisation industrielle, l’idée est de révolutionner le processus de fabrication, de rompre avec la consommation de masse et avec l’obsolescence programmée des objets par le bricolage, l’artisanat et le Do It Yourself (DIY qui se traduit par Fait le toi même ou Fait maison)

Nos équipes DRH y avaient déjà loué des salles de travail en me vantant le côté décontracté et très convivial du lieu. Un « foodlab » y est par ailleurs installé et cinq jeunes chefs y officient à tour de rôle selon les jours de la semaine et les évènements.

Quelle différence entre un fablab et ce living lab ? Le second est un lieu partagé, pluriel dans son approche et dans sa forme, qui regroupe des acteurs publics, privés, des entreprises, des associations. L’objectif principal de chacun : tester « grandeur nature » des usages nouveaux, des services ou des outils en favorisant l’innovation ouverte, le partage de réseaux et l’implication des utilisateurs dès le début de la conception

Que retenir de ces deux expériences hors de nos bureaux paysagers?

Qu’il serait bon pour nos neurones et nos manières de penser d’assister régulièrement à de tels évènements dans de tels lieux. J’ai personnellement l’intention de continuer à découvrir des espaces similaires à Paris et ailleurs en France. Sans les idéaliser (nous savons qu’ils correspondent seulement pour ces jeunes entreprises à une période initiale de leur développement) je pense néanmoins qu’ils préfigurent le mode de travail et de relations qui auront cours dans les entreprises modernes. A l’occasion de mes déplacements, je veux en tester quelques-uns à l’étranger.

Si vous travaillez déjà comme cela et connaissez des lieux de ce genre, faites le moi savoir !

  Chronique de Roger Baltus