La grande e-communauté du toit

 

Les couvreurs ont toujours considéré, à juste titre, qu’ils exerçaient un métier à part dans le monde du bâtiment. Difficile de ne pas reconnaitre la part des risques et de la pénibilité dans ce travail aérien dont l’une des récompenses réside dans l’impression de plénitude et de satisfaction d’exercer au-dessus du monde ou face à des paysages inaccessibles au commun des mortels.

Franchir physiquement la limite de la gouttière pour accéder au toit, c’est entrer dans un autre monde.

Pas étonnant, donc, que ces professionnels aient eu envie de partager leurs expériences, leurs succès et leurs galères sur les réseaux sociaux.

Et voici donc qu’en moins de deux ans des « communautés », comme on les appelle, se sont rassemblées sur Facebook autour d’un ou plusieurs modérateurs souvent exerçant lui-même le métier.

On peut citer par ordre d’importance les communautés suivantes :
  • Couvreur : 4560 membres (communauté essentiellement Franco-Belge)
  • Charpentier-couvreur-zingueur : 2991 membres (communauté la plus internationale : France, Belgique, Japon, Allemagne, Suisse)
  • Ferblantier-couvreur-zingueur : 2017 membres (France, Belgique)
  • Escaparse por el tejado –S’enfuir par le toit –Escape through the roof : 1598 membres (internationale et inspirante!)
  • Les couvreurs : 764 membres (France)
  • Tu sais que tu es couvreur quand… - You know you’re a roofer when… : 602 membres (France)
  • Les Compagnons couvreurs de tous les devoirs : 424 membres (groupe a priori réservé aux compagnons du devoir (France - Europe)

Des groupes actifs, des histoires passionnantes

Ces « communautés » sur le web sont les expressions variées de l’appartenance à la grande «communauté du toit ». Certains de ces groupes m’ont fait l’honneur de m’accepter car, par principe, ils ne sont pas fermés à la participation d’autres professionnels du bâtiment.

J’ai pris moi-même la résolution de ne jamais intervenir pour mettre en avant mon matériau ni ma marque mais juste écouter, voir, « liker » et partager ce qui me paraît le plus intéressant ou le plus original.

Et je me suis pris au jeu des notifications qui tombent tous les jours par dizaines. Je dois même confesser une forme d’addiction qui m’entraine à regarder en permanence ces histoires de couvreurs. Le toit est bien devenu mon monde !

Bien sûr, je ne peux réprimer à chaque fois un petit sourire lorsque j’aperçois (souvent) le VMZINC logotypé en grand sur les films plastiques de protection !

Sans surprise, les communautés de jeunes professionnels, utilisateurs de smartphones et des réseaux sociaux, dont j’estime l’âge moyen inférieur à 35 ans, sont les plus actives. Ces fils d’actualité sont aussi nourris d’interventions d’apprentis. C’est la confirmation de leur désir ou besoin de faire partie d’une sorte de famille.

Des thématiques récurrentes

Après plus de huit mois de lecture attentive des notifications, je me suis demandé à travers tous ces messages ce qui était le plus important ou le plus régulièrement évoqué par ces professionnels de la couverture.

Au-delà de la naturelle envie de montrer ce que l’on vient de produire ou d’installer pour solliciter les commentaires des confrères (cela représente certainement plus de la moitié des messages), plusieurs sujets émergent et confirment le sérieux des discours :

  • Sécurité : beaucoup de messages portent sur les risques et les équipements, sur la qualité des échafaudages, sur les chutes et les accidents mortels qui viennent chaque fois jeter un froid. Pourtant, en parler demeure absolument nécessaire pour faire prendre conscience aux jeunes du danger et faire passer les consignes.
  • Pénibilité : le sujet commence à être évoqué, conséquence directe de la loi travail.
  • Outillage : du simple marteau à la profileuse de chantier en passant par la plieuse à main et les visseuses, tout y passe car les bons outils (bien entretenus) font les beaux ouvrages !
  • Formation : je note beaucoup de sollicitude envers les petits jeunes et les apprentis qui montrent avec fierté leurs ouvrages à l’école (On voit que les jeunes professionnels sont passés par là il n’y a pas si longtemps !) Il en ressort du conseil et des échanges de bonnes pratiques !
  • Détails techniques : au hit-parade des détails les plus montrés, arrivent en tête les noues rondes en ardoises, les arêtiers gironnés ou les tourelles avec déchanges. Preuve que la maîtrise de l’ardoise pour les petits éléments (comme celle du zinc pour les grands éléments) signe la compétence. Dans la catégorie des détails loupés, on trouve sur le podium des plus cités les entourages de cheminées et de velux … une façon de « charger » les bricoleurs du dimanche !
  • Humour : c’est le fil conducteur de ces pages et la seconde nature des couvreurs. Après le travail, on sait prendre du bon temps et on le montre. On chambre le collègue, on rit de ses propres erreurs. L’humour, peut-être comme une soupape à la prise de risque.
  • Voyage : certaines de ces communautés (dont le titre est évocateur : S’enfuir par le toit / la communauté des Compagnons aussi) font la part belle à la beauté des ouvrages intemporels - toitures raffinées des bâtiments exceptionnels – et nous font voyager aux quatre coins du monde en nous rappelant que la compétence des couvreurs est universelle.

Parfois des liens avec nos contenus sont effectués par des lecteurs de notre page Facebook « VMZINC for Architecture » qui évoquent des réalisations dans le monde entier, parfois aussi avec mon blog. Merci pour cela et longue vie à ces communautés utiles et sincères qui portent bien leur nom !

  Chronique de Roger Baltus