Zinc & cinéma : hommage à la poésie des toits de Paris !

 

Zinc & cinéma : hommage à la poésie des toits de Paris !
30/05/2016

Entre zinc et azur, les toits de Paris incarnent la vision la plus mythique et poétique de la capitale. Cette esthétique aux nuances gris-bleu nourrit l’inspiration fertile des cinéastes depuis des décennies. En cette période de festival de Cannes, j’ai souhaité adresser un clin d’œil amical aux nombreux réalisateurs qui ont magnifié ce patrimoine architectural unique au monde, en émaillant ce Post de quelques images de leurs films-cultes.

Un décor hors du temps

Zinc et cinéma, on pense d’emblée à Sous les Toits de René Clair ou Aux enfants du Paradis de Marcel Carné. Dans Les Aristochats, Un Américain à Paris ou plus récemment Inception, cet écrin sculpté au fil de la patine des ans compose un décor unique et reconnaissable entre tous. La Tour Eiffel en arrière-plan achèvera de convaincre les spectateurs qu’ils sont en France !

Le toit parisien, un univers en soi.

C‘est celui, bientôt révolu des chambres de bonnes transformées en lofts de luxe, qui sont pour moi, la vraie poétique du toit parisien. Les artistes maudits ou ceux bientôt célèbres les ont décrit dans leurs romans, leurs peintures ou leur musique. Sous le zinc, ces extensions imaginées par Mansart, proposent des vues parfois uniques sur le paysage urbain et les souches de cheminées.

Le 7ème Art s’est brillamment emparé de cet océan de toitures si reconnaissables sans jamais paraître suranné.

Le zinc vu par le cinéma, c’est d’abord une ambiance sonore, celle des bruits et de la rumeur de la ville bientôt couverts par l’impact des gouttes de pluie sur les entablements et les appuis de fenêtres. C’est tard le soir, les pas d’un rongeur dans le plafond ou tôt le matin, le cliquetis du passage d’un moineau friquet sur une main courante ou un membron.

De nombreux réalisateurs sont venus des quatre coins du monde y tourner leurs histoires. Ils ont souvent apporté leur vision de cette ville et exprimé parfois comment elle est perçue ou fantasmée par leur culture.

Nous avons la faiblesse de penser que le zinc fait partie des signes évidents de cette identification immédiate à Paris, partagée par l’inconscient collectif des citoyens du monde.

Je suis tout aussi persuadé que le cinéma, et plus récemment la publicité, sont pour beaucoup dans cette reconnaissance. Ce statut sera peut-être officialisé par l’inscription des toitures de Paris au patrimoine mondial de l’Unesco (voir mon post 06).

Rendons hommage à François Mansart et au Baron Haussmann. Sans eux, sans le profil des charpentes de l’un, sans le travail de modernisation de l’autre, notre zinc ne serait pas venu coiffer les terrassons et les brisis de la ville lumière. Car rien de cette vie en hauteur n’aurait été possible sur des toits en tuiles ou en ardoises beaucoup trop fragiles …

A chacun sa séquence fétiche !

Chacun a en tête une séquence, une réplique, une chanson à évoquer qui se rapporte à Paris. Pour moi, les toits de Paris en cinémascope raisonnent de poursuites haletantes et violentes, de versant en versant, de sauts dans le vide ou à travers des verrières en sucre. Jean Paul Belmondo, l’archétype du voyou sympathique, en a fait son fond de commerce! (Peur sur la ville - 1975)

Pour d’autres, les toits de Paris au cinéma constituent le terrain de jeu de Jean Pierre Leaud dans les Quatre cents coups (1959). Ou l’écrin de baisers célèbres, de serments nocturnes et de phrases définitives devant des couchers de soleil artificiels.

J’espère que la lecture de ce Post aura suscité chez vous des « Ah Oui ! », des « Oui, je m’en souviens », des « Mon Dieu qu’il était bien ce film », des « j’adore cette scène » ou encore des « j’irai bien le revoir »…..

Silence, on tourne !
Bon Festival.

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus