Poser une terrasse sur un toit existant : très à la mode mais pas nouveau !

 

Poser une terrasse sur un toit existant : très à la mode mais pas nouveau !
17/05/2016

Quand on est architecte, on regarde toujours en l’air ! Vieux réflexe qui nous aide à évaluer d’un coup d’œil l’allure générale d’un bâtiment ou envie irrépressible de savoir comment nos confrères ont fait le lien avec le sol et avec le ciel.

On apprécie le jeu des ombres et de la lumière. On apprécie les modénatures des façades et les matériaux utilisés puis on s’arrête sur ce qui dépasse !

Les altanes de Venise, ancêtre du toit terrasse

A ces égards, Venise est un écrin emblématique. Celles et ceux qui ont flâné dans la Cité des Doges ont tous choisi leur parcours, celui des places, celui des ponts ou celui des églises. Le bonheur, c’est de se laisser guider par ses intuitions.

Et quand on se ballade le nez en l’air, on remarque d’emblée les énormes cheminées qui dépassent de tous les toits. Surdimensionnées, elles ont l’air d’avoir été dessinées pour la seule beauté de leur graphisme.

Et quand on a bien regardé ces cheminées, on voit à côté les altanes, ces fragiles structures en bois posées sur les toits dont on envie furieusement les propriétaires.

Les «Altane» ne sont pas des terrasses au sens propre du terme. Nous pourrions traduire ce mot en faisant un mixte entre belvédère et mirador. Il s’agit d’un plateau de planches de bois posé sur le toit, exposé au soleil et à tous les vents, soutenu sur des piliers de pierres ou de briques, généralement au flanc d’une lucarne à laquelle on accède en passant par les combles des maisons…

« L’Altane », c’est l’ancêtre de la toiture terrasse accessible. C’est un privilège des pays chauds (à l’instar des terrasses des ryads d’Afrique du Nord) : celui de pouvoir aller prendre le frais comme en lévitation au-dessus de la ville.

Terrasses sur toiture pentée : une technique à maîtriser !

Si l’on y pense bien, la mode actuelle des roof-tops urbains fait référence à ces belvédères.

Elle en prend les avantages – l’air frais, la lumière, la vue, le soleil et l’intimité - tout en y ajoutant le confort moderne.

Une terrasse peut être dès le départ conçue comme une terrasse et être gérée traditionnellement du point de vue de son étanchéité (bitumes ou membranes)

Ce que les altanes proposent c’est la réalisation d’une terrasse sur une toiture pentée déjà existante.

Parmi les matériaux adaptés à la construction de ces terrasses sur toitures existantes, le zinc est tout à fait qualifié.

Souvent mis en œuvre sur des faibles voir très faibles pentes (5% minimum), il se prête finalement bien à la mise en œuvre d’une structure porteuse qui mettra la terrasse de niveau tout en continuant à assurer l’étanchéité de la toiture.

D’un point de vue technique, dans le cas d’une couverture à tasseau, on pourra s’appuyer directement sur le sommet du tasseau recouvert d’un couvre joint étanche. Cela se pratique par exemple sur des balcons au Portugal. Des dalles de pierre ou de béton sont posées à claire voie en auto portance entre les tasseaux. Un soin sera toutefois apporté au matériau d’interposition qui ne doit pas corroder le zinc.

Dans le cas des couvertures à joint debout, il s’agira de recourir au concept de « surtoiture » en fixant des supports de hauteur réglable par des cavaliers directement sur les joints debouts et en prenant soin de répartir la charge à l’aide de profilés métalliques sur lesquelles poseront les lames du plancher lui aussi à claire voie (voir 2ème photo).

Sinon, même si nous ne sommes pas tous des Belmondo ou des Yamakasi, il nous restera la possibilité, avec modération, de marcher et s’asseoir sur les terrassons en zinc et profiter de la douce chaleur du métal au soleil !

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus