Le zinc est multiconfessionnel!

 

Le zinc est multiconfessionnel!
04/04/2016

En matière de religion, qu’est ce qui est moderne : la forme futuriste des églises, la musique contemporaine que l’on y joue, les sermons « marketés » que l’on relaye sur les réseaux sociaux ? Je crois que la vraie modernité est dans la tolérance et la cohabitation.

Il me revient en mémoire le souvenir d’un agréable moment passé sur la terrasse sur le toit-terrasse de l’Hôtel Gray à Beyrouth. Le souvenir est sonore. Sous le zinc de la pergola, nous entendions, mêlé à la rumeur de la ville, le tintement des cloches des églises catholiques, orthodoxes mêlées à l’appel à la prière du Muezzin. Je me disais qu’en cet instant calme, en fait une parenthèse avant l’attentat de 2005, ce pays à la confluence de plusieurs cultures et de plusieurs civilisations était bien le seul à pouvoir laisser ainsi cohabiter les religions et laisser s’enchevêtrer physiquement les lieux de culte.

Codes et symboles revisités

Partout dans le monde, les lieux de culte ont toujours mobilisé beaucoup de ressources en termes de créativité, d’énergie et d’innovation. Chaque religion y a développé ses codes, ses symboles, ses formes et même des règles d’implantation. Pour glorifier leur Dieu, des églises primitives jusqu’aux cathédrales, des temples aux mosquées, les hommes se sont ingéniés à faire toujours plus haut, toujours plus fort. Et avec toujours beaucoup de moyens car -comme la foi - une église se doit d’être éternelle.

Au début du 20ème siècle, notamment avec l’arrivée du béton armé (voir la spectaculaire église du Havre d’Auguste Perret), la construction des édifices culturels s’est pourtant progressivement affranchie des figures architecturales imposées depuis des siècles. Les matériaux sont toujours de qualité. Les architectes et les artisans sont sélectionnés avec attention.

Construire une église, c’est de nos jours une protestation.

Dans les villes modernes où dans les quartiers nouveaux de nos villes anciennes, la logique centripète n’est plus de mise. On ne construit plus autour du lieu de culte comme par le passé.

Les centres-villes sont voués au commerce et à la banque. Construire une église, quelle que soit sa confession, c’est maintenant une protestation, celle d’installer une fonction non pas marchande ni productive de valeur économique mais de valeur humaine et spirituelle.

Lieux de prière protéiformes voire d’usage mixte.

Si les grandes messes se font dans des lieux provisoires (visites du pape), la religion au quotidien est pratiquée dans des espaces plus modestes et plus proches, comme ici cette maison pastorale qui est posée en alignement d’un ensemble de logements collectifs à Boulogne Billancourt (par Brénac et Gonzales Architectes) - Photo 1

Voici, d’autres exemples de ces nouveaux lieux de prière, dont le seul point commun est d’être recouvert de VMZINC.

  • Mixité : un exemple rare de compacité avec cette mairie-église (pratique pour les mariages !) à Valbonne (architecte Fauroux) dont les fonctions superposées mélangent intelligemment profane et sacré. - Photo 2
  • Sérénité : une église sobre et une ambiance sereine pour cette « église du ciel » sur l’Ile coréenne de Jeju (architecte : Jun Itami) - Photo 3
  • Archétype revisité : souvent faites de béton et couvertes de plomb les coupoles sont habillées de zinc (comme lors de la rénovation de la synagogue de Trieste en Italie - Photo 4) ou bien d’autres sont maintenant réalisées en vastes charpentes métalliques comme celle de cette mosquée équipée de verrières un peu kitch en forme d’étoile ou de croissant! (mosquée à Yenice en Turquie - Photo 5)
  • Immeuble urbain : quand l’architecture des lieux de culte se confond avec celle des bureaux, comme pour cet ensemble monumental à Incheon en Corée du Sud qui rassemble les fonctions administratives et les lieux de culte. - Photo 6

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Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus