Outillage à main : ils sont devenus incontournables

 

Outillage à main : ils sont devenus incontournables
01/02/2016

«Le Diable est dans les détails » affirmait Nietzsche.

Je ne sais pas si c’est vrai. Mais ce dont je suis absolument certain, c’est que la qualité d’une toiture ou d’une façade en zinc réside dans la manière selon laquelle le couvreur traite les finitions et les raccords. S’ils sont bien réalisés, ils seront invisibles. Et on n’en parlera pas avant longtemps puisqu’ils seront étanches pour deux générations au moins !

Fasciné par le travail du zinc, j’ai toujours porté attention au regard de nos techniciens sur l’outillage à main et sur le matériel de chantier. Les petites profileuses manuelles développées au cours de la dernière décennie par des fabricants spécialisés en Allemagne et en Autriche (marques Wüko et Draco notamment) et présentées dans les salons professionnels comme Bau, Dach und Holz ou Swissbau ont, l’air de rien, repoussé les limites de l’usage du VMZINC.

Alors que nous assistons à un retour de l’architecture organique - avec comme figure de proue l’Américain Franck O.Gehry (musée Guggenheim de Bilbao en 1997 ou Fondation Louis Vuitton à Paris en 2014) - ces outillages à main s’imposent pour répondre aux besoins de ces formes lisses, complexes voir hypercomplexes. Nous parlons ici de toitures et de façades dont la peau extérieure en zinc est faite de surfaces réglées et surtout non réglées, qui s’interpénètrent en créant des raccords et des joints d’autant plus spectaculaires qu’ils doivent être rendus parfaitement étanches.

Très robustes et très spécialisés, ces outils compacts équipés de 2 à 4 galets permettent à l’installateur de réaliser sur chantier (sans avoir à y déplacer les lourdes et encombrantes plieuses et profileuses d’atelier), toutes sortes de relevés, de profils ou de soyages sur des bacs à bord non parallèles, sur des bacs dits « en feuilles de laurier» ou sur des raccords de noues à double courbure. Ils permettent de travailler souplement le zinc en « amenant la matière » par des passes successives, quel que soit son aspect de surface (prépatiné, prépatiné coloré ou engravé) et évitent ainsi de nombreuses soudures.

En outre, si on compare le résultat du façonnage réalisé avec des petites pinces à main, qui ont tendance à marquer le zinc, avec celui des profileuses à main, on note la belle régularité des pliages, et en particulier le respect des tolérances des rayons de pliage dans les angles à 90 ou 180°.

L’efficacité de ces profileuses à main montre qu’elles ont été inspirées par des compagnons ferblantiers qui savaient de quoi ils parlaient !

Sans dire qu’il s’agit là d’une révolution, force est de constater que nos techniciens en sont quasiment tous équipés et qu’ils en font la promotion directement lors de leurs interventions techniques sur les chantiers en démarrage.

En tant qu’industriel, nous intervenons d’abord en amont, lors de la conception avec l’architecte puis lors de l’étude détaillée des ouvrages avec l’entreprise et enfin sur le chantier pour optimiser les solutions avec deux objectifs majeurs : la pérennité de l’enveloppe et son coût de réalisation.

Nos techniciens actifs dans le monde entier (nous parlerons prochainement de leur prochain séminaire en avril 2016) tissent ainsi un lien indispensable avec les couvreurs en leur proposant des réponses pouvant passer par ces outillages particuliers.

Lors d’un très prochain post, je vous montrerai quelques réalisations pour vous permettre de comprendre encore mieux mon propos.

Si vous êtes compagnon-couvreur ou couvreur –zingueur et que vous utilisez ces outils, faites nous part de votre avis. Et envoyez-nous des photos de vos détails. Nous nous ferons un plaisir de les publier sur les réseaux sociaux et dans nos magazines.

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus