Expo Universelle de Milan : ma visite « just in time »

 

Expo Universelle de Milan : ma visite « just in time »
19/01/2016

Je me suis rendu à l’Expo Milano 2015 le 19 octobre dernier, quelques jours avant la fermeture. Ambiance estivale et décontractée.

Il y a avait foule ce jour-là, en particulier des Italiens, qui ont manifesté un intérêt tardif à l’événement. En juin et juillet, la fréquentation avait plafonné autour des 50 à 60 000 visiteurs / jour. Tandis qu’en ce début d’automne, elle a atteint les 200 000 avec, m’a-t-on dit, des pointes à 250 voire 275 000 visiteurs les week-ends précédents. Avec au total 21,5 millions de visiteurs - dont 5 millions sur le seul mois d’octobre - les organisateurs ont donc dépassé leur objectif initial de fréquentation.

Si le succès populaire est au rendez-vous, le message principal porté par l’Expo universelle de Milan est-il bien passé ?

De la nourriture à profusion aux dépens de véritables réponses alimentaires pérennes

En parcourant les allées, je m’attendais à être ébloui par des innovations susceptibles de relever les défis pour nourrir convenablement la planète d’ici 2050. Je m’attendais sincèrement à être interpellé à chaque détour des pavillons.

Tel ne fut pas le cas.

De manière caricaturale, on pourrait résumer l’Expo à une grande célébration de la nourriture, de la bouffe à grande échelle, gastronomie ou spécialités régionales. On pouvait manger et manger encore en pensant que cette abondance était finalement loin d’être menacée …

Heureusement dans ce concert des nationalismes de circonstance quelques voix solides ont ramené le badaud au sujet central.

J’ai aimé le pavillon de la Slow Food et le pavillon Zéro dont le slogan «connaître, partager, s'émouvoir » ne reflétait que partiellement l’ambition de trouver des solutions pas seulement quantitatives mais surtout qualitatives au problème de l’alimentation de la planète. Le concours des « best sustainable development practices » dans le domaine de la sécurité alimentaire a donné lieu à la sélection de 18 initiatives concrètes à financer parmi 740 projets !

Sur la forme, ma déception a aussi été tangible. Pour certains d’entre eux, il était temps que l’Expo s’achève tant leur enveloppe commençait à se déliter et les abords étaient piétinés par les visiteurs.

Je ne vais pas refaire une critique architecturale, les revues l’ont déjà faite. Juste quelques coups de chapeau, d’abord au pavillon anglais, simple dans sa thématique (un seul message fort lié à la protection des abeilles) mais très sophistiqué dans la conception de sa merveilleuse « coupole » tridimensionnelle.

Trop peu de reconversions des pavillons

L’Expo Milano ne semble pas avoir su relever un autre défi, celui de s’inscrire dans une réflexion urbaine permettant une extension utile de la ville. Une démarche menée avec un certain succès à Londres à l’issue des Jeux Olympiques de 2012.

A Milan, je retiens le pavillon de la Slow Food par Herzog et de Meuron, sorte de stylisation de la ferme lombarde en trois bâtiments formant une cour et réalisées en sobres structures de bois. Ces longères démontables seront morcelées et réutilisées en Italie.

Le pavillon italien aussi, dont les qualités architecturales et constructives ont été remarquées, deviendra le futur siège du patronat milanais.

Les structures et habillages en bois des pavillons des régions italiennes posés perpendiculairement à la grande allée scandaient l’exposition pour faire découvrir les spécialités gastronomiques. Après l’Expo, ces pavillons pourraient devenir des logements sociaux si les autorités s’accordent sur un plan cohérent d’aménagement du site.

Peu de zinc dans cet ensemble de constructions éphémères justement parce qu’elles sont éphémères….

Toutefois, nous avons pu participer à la réalisation de la couverture des 5 gares de péage de la nouvelle autoroute de contournement EEM A58 réalisée grâce à l’Expo 2015 !

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus