Toit plat : Nouveau minimalisme ou paresse stylistique ?

 

Toit plat : Nouveau minimalisme ou paresse stylistique ?
18/01/2016

Le toit plat semble faire un retour dans l’habitat contemporain au point de paraître dans l’air du temps. Débat ou pas débat ?

Mais attention et autant le dire tout de suite : nous sommes de fervents défenseurs du toit en pente pour des raisons techniques et parce que nous savons combien il contribue à la diversité architecturale.

Nous pensons que plusieurs facteurs entrent en jeu pour expliquer ce « revival » du toit plat.

Il semble que la qualité des produits mis en œuvre actuellement s’est considérablement améliorée ainsi que les conditions de leur application. La durabilité des membranes et des complexes de toitures plates a progressé mais, il est vrai, en atteignant des niveaux de prix comparables et souvent supérieurs à ceux des couvertures « à sec » traditionnelles.

Mais si le toit plat séduit maintenant dans la maison individuelle et en milieu urbain, c’est pour sa polyvalence. Toit plat à gravier, toit végétalisé, toit terrasse, … les perspectives diversifiées d’usage n’en font plus une surface perdue mais une prolongation de l’habitat.

Pourquoi défendons-nous le toit en pente ?

La pente est dans l’inconscient collectif. Il suffit de demander à un enfant de dessiner une maison. Même s’il vit dans un HLM, il vous fera le coup de la toiture triangulaire avec la cheminée fumante posée perpendiculairement à la pente. Pour la plupart d’entre nous, le toit en pente fait le lien avec le grenier et ses mystères. C’est une pièce à découvrir ou à vivre quand elle a été aménagée avec ses fenêtres de toit où ses lucarnes. Une pièce d’où l’on voit, bien protégé, le monde d’en haut.

Dans la plupart des pays européens, la culture dominante du toit en pente est liée à l’usage ancestral des petits éléments, tuiles ou ardoises, qui ont besoin de cette pente pour assurer l’étanchéité et la pérennité du couvert. Le toit en pente est aussi lié à la tradition de la charpente en bois qui utilise aussi les ressources locales.

Mais avant tout autre argument, c’est notre obsession de l’écoulement contrôlé de l’eau de pluie qui nous fait plaider encore et toujours en faveur du toit en pente ! Cette préoccupation d’industriel, partagée par les architectes et les couvreurs, est le dénominateur commun et la justification de notre offre de produits en zinc pour la couverture et la façade.

L’eau de pluie, nous la connaissons bien. Dans nos stations « pluie et vent », nous savons qu’elle est impitoyable et observons sa course gravitaire du faitage vers les gouttières. Nous avons appris à adapter nos stratégies, non pas pour l’arrêter mais pour la canaliser. Car l’eau de pluie a le temps pour elle. Un joint silicone ou un collage de lés de bitume finira un jour ou l’autre par céder. C’est pourquoi, nos rives de toitures sont à double effet. En surface, elles laissent passer un peu d’eau qui sans pression est orientée ensuite dans des gorges à pince qui la canalisent vers le bas du rampant. Pas de joint, pas de soudure, juste un assemblage de zinc discrètement efficace.

Mais rassurez-vous, ce n’est pas notre intention de faire ici le procès du toit plat. Il a sa place notamment dans le domaine des bâtiments industriels ou commerciaux. Il apporte aussi sa différence pour assurer la variété des « skylines » de nos villes.

Nous voulions seulement rappeler l’importance de la pente dans la pérennité d’une toiture.

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus