L’efficacité énergétique réinvente la conception et l’usage des bâtiments

 

L’efficacité énergétique réinvente la conception et l’usage des bâtiments
19/11/2015

Le premier salon World Efficiency (ex Pollutec) qui s’est tenu à Paris du 13 au 15 octobre 2015 a démontré que la prise en compte des problématiques climatiques constitue un formidable levier d’innovations dans tous secteurs, au premier rang desquels, le bâtiment .

Placée sous le signe du bas carbone, cette édition inaugurale Porte de Versailles (le rendez-vous sera biennal) a réuni quelque 15 000 visiteurs, dont 30% d'internationaux, ainsi que 400 exposants du monde entier (industriels, cabinets d'ingénierie, entreprises de services). Pour les acteurs publics et privés du secteur bâtiment, le salon fût une occasion supplémentaire de nourrir l’échange sur la façon de « Bâtir autrement ». Ou comment conjuguer le respect de l’environnement, la qualité de vie, la performance économique et une gestion responsable.

Construire autrement pour la performance énergétique

Au cœur des débats, la question de la performance énergétique des bâtiments reste centrale, qu’elle s’intéresse aux bâtiments neufs ou à la rénovation. Elle demeure à ce jour la composante la plus avancée des initiatives innovantes pour « construire autrement ». Pourquoi ? Cette caractéristique performancielle des bâtiments permet de répondre à un triple objectif, corolaire des trois piliers de toute démarche de développement durable :

  • environnemental (en contribuant à l’efficience énergétique et la neutralité carbone)
  • économique (en réduisant la facture énergétique des usagers), et
  • social (en luttant contre la précarité énergétique)

La réalisation de ces objectifs ambitieux est un challenge pour l’ensemble des acteurs du secteur. Chaque industriel impliqué pourra confirmer que toutes les réponses architecturales, techniques et technologiques aux exigences de la performance énergétique impliquent une évolution très significative des us et coutumes, voire un changement de paradigme. C’est pourquoi le « construire autrement » comporte une dimension sociétale inédite à l’aune d’une valeur cardinale : la collaboration du privé et du public, du professionnel et du particulier.

Changement de paradigme pour tous

Ainsi, pour atteindre les objectifs réglementaires et l’enjeu de bâtiments à énergie zéro (d’ici 2020), les professionnels du secteur sont amenés à réinterroger la performance des matériaux et solutions traditionnelles reconnus pour leur efficacité énergétique sous l’angle de la durabilité, la qualité sanitaire, la préservation des ressources, etc. Par exemple, sans attendre un retour d’expérience, à minima décennal, sur l’emploi de matériaux émergeants (dit bio-sourcés et très tendance), les acteurs du secteur du bâtiment se posent dès à présent la question de leur durabilité, de leur maintenance, de leur résistance au feu, etc.

Pour les fabricants des produits de construction, la performance énergétique se traduit par exemple par des démarches d’éco conception. La contrainte énergétique s’envisage alors comme une opportunité de questionnement et d’amélioration donc une source d’innovation. A cet égard, VMZINC déploie une méthode d’éco conception détaillée sous forme de procédures depuis 2009.

La performance énergétique oblige aussi au changement d’échelle. Par exemple, pour installer un système de chauffage basé sur les énergies renouvelables ou la géothermie, on ne pense plus au seul bâtiment mais au quartier et parfois à la zone urbaine. Cette coordination à l’échelle des territoires constitue même la seule alternative pour une réponse efficace et économiquement efficiente.

La performance énergétique challenge aussi les responsables politiques car elle engage à dépasser les limites des règles locales d’urbanisme actuelles. A cet égard, la marge de progression est plus que significative en France.

La performance énergétique invite à réinventer l’écriture architecturale des bâtiments à énergie positive pour que chaque ville préserve son identité. Elle impose ensuite une coordination impeccable des professionnels du bâtiment, et ce dès l’amorce du projet.

Enfin, la performance énergétique implique la responsabilisation de tous les usagers du bâtiment. Car sans changement notable des habitudes de vie, le niveau de performance possible sur le papier ne sera jamais effectif dans la réalité. Ne plus habiter son « chez soi » comme par le passé passe par de la pédagogie, du bon sens et une prise de conscience citoyenne ainsi que par la conscience que la protection de l’environnement, la préservation des ressources naturelles est l’affaire de tous, chaque jour.

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

  Chronique de Roger Baltus