Décoration intérieure en zinc : mode ou nouveau business ?

 





 

Décoration intérieure en zinc : mode ou nouveau business ?
02/07/2015

A la fin du XIXe siècle, le zinc parce qu’il est durable, facile à souder, à plier, à emboutir, s’immisce dans le quotidien des européens. En 1890, plus de 50% des ventes de zinc laminé en France sont ainsi destinées à la fabrication de brocs, de seaux, de cruches, de bassines, de crédences, de plans de travail, d’étals de fleuristes, etc. Certains de ces produits sont réalisés en série par des sociétés spécialisées. Les applications professionnelles sont quant à elles souvent gérées par des zingueurs qui complètent ainsi leur portefeuille d’activités, notamment en cas d’intempéries ou en hiver.

Ces usages tombent en désuétude, d’abord avec la généralisation ….de l’eau courante qui réduit l’obligation de stockage, et plus tard, au milieu du XXe siècle, puis avec l’arrivée des matières plastiques qui s’emparent de ce créneau. Le confort moderne s’affranchit alors de ce matériau naturel. Seul reste dans les mémoires le célèbre comptoir en zinc. Cet usage spectaculaire, qui n’a eu qu’un temps assez court, a laissé sa marque dans le langage courant « boire un verre sur le zinc ». A l’époque, ces comptoirs sont réalisés par des ateliers d’ornementation. Mais ils sont moins faciles à entretenir car il faut les poncer tous les soirs pour qu’ils conservent leur brillance. On troque alors progressivement le zinc pour l’étain, puis la bakélite et enfin l’acier inoxydable.

Le retour en grâce du zinc démarre dans les années 90. Le grand public retrouve le chemin des brocantes pour chiner ici une vieille lucarne, là un oeil de bœuf déformé, que l’on détourne ensuite en objets de décoration. Le jardin s’empare de cette tendance. On achète « du temps », de la belle patine. Les bacs à fleurs et les jardinières de couleur gris-bleu sont à la mode. Rançon de cette notoriété reconquise : les magasins proposent souvent des objets « en zinc » qui sont en réalité en acier galvanisé et sont fabriqués en Asie et à bas coût !

A la fin des années 90, les designers et les architectes affirment leur intérêt pour le zinc. Ils le détournent de ses usages traditionnels en couverture et commencent à le mettre en œuvre dans les salles de bain, sur les plans de travail des cuisines, comme revêtement des tables «de métiers». Le design minimaliste se nourrit de son authenticité brute. Les patines naturelles ou artificielles confèrent au matériau de l’allure et une véritable noblesse. Les architectes aiment aussi l’employer en « continuité », de l’extérieur vers l’intérieur, dans les halls d’entrée, les lobbys des hôtels, sur les auvents,… Les industriels développent des systèmes inédits (clins, cassettes, panneaux rigides texturés).

Aujourd’hui, le zinc a dépassé cet effet de mode. Il est une source d’inspiration pérenne en décoration intérieure. Il se décline de multiples manières, y compris dans le mobilier contemporain.

Pour les industriels, ces usages particuliers du zinc constituent une promotion étonnante du matériau. Les réalisations mises en scène dans les magazines de décoration maintiennent l’intérêt du grand public pour le zinc, pour son authenticité et pour le savoir-faire des professionnels des ornements.

Chez VMZINC, nous soutenons ces usages complémentaires par le développement de nouveaux aspects de surface Et nous encourageons les designers et les artisans à venir visiter nos ateliers pour qu’ils puissent mieux comprendre les étapes de la production du zinc et de ses patines. De ces échanges pourront sûrement naître de nouveaux produits et de nouvelles applications !

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus