Installeurs, c’est le moment de vous informer sur le BIM !

 

Installeurs, c’est le moment de vous informer sur le BIM !
25/06/2015

Vous avez certainement entendu parler du BIM, encore une nouvelle abréviation, qui plus est issue de l’anglais « Building Information Modeling » - autrement dit la maquette numérique qui rassemble toute l’information sur la conception d’un bâtiment.

On a dû vous dire que cela impactera d’abord le travail des économistes et celui des architectes ? Certes, en tant qu’installateurs, vous ne serez pas les acteurs majeurs de cette révolution. Mais votre travail au quotidien ne pourra échapper aux bouleversements des pratiques induits par cette modélisation inédite d’un projet. Car le BIM est à la fois un processus de réalisation, un outil d’information, une nouvelle méthode de collaboration entre acteurs, un mode de management du projet.

En France, le BIM commencera à être appliqué à certains projets en marché public dès le mois de Janvier 2017. Pour nous industriels, la tâche consistera à numériser nos produits et nos systèmes, plus communément appelés « composants ».

Concrètement, qu’est-ce qu’un composant numérisé pour le BIM ? Il s’agit de l’ensemble des informations rassemblées pour décrire un produit ou un système, de ses dimensions géométriques jusqu’à son profil environnemental en passant par son packaging voir ses conditions de garantie. A la représentation géométrique s’ajoutent donc les caractéristiques physiques et fonctionnelles des produits, de même que leurs interactions. Cette base de données « intelligente » est utilisable sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment y compris après sa construction pour la maintenance de celui-ci. Le BIM réduit les délais, limite les erreurs et améliore les interfaces entre les acteurs du processus. On parle d’une économie de l’ordre de 15 à 20% sur le coût global d’un bâtiment.

Pour les installateurs, les devis seront réalisés plus facilement du fait de la description plus précise des ouvrages et de la fourniture détaillée des quantités. Et ce n’est là qu’un intérêt parmi d’autres.

A l’instar de nombreux industriels, la phase d’observation entamée il y a environ 24 mois se poursuit désormais avec celle de l’intégration. Ainsi, système par système, nous transférons notre catalogue en version numérique pour être prêt d’ici à l’échéance de 2017. En France, les architectes « pionniers » remplissent leurs bibliothèques numériques avec les composants qu’ils trouvent à ce stade, sur des portails dédiés (deux principaux en France : POLANTIS et BIMObject), sur les sites des industriels voir en les définissant ou en les créant eux-mêmes ! Notre implication dans le BIM constitue donc un véritable enjeu, et une responsabilité à l’égard de nos partenaires installateurs. Ne pas être prêt à proposer nos produits et systèmes rapidement, c’est courir le risque d’être écartés de certains projets majeurs.

Mais cette mutation technologique implique certains investissements que, pour l’instant, les plus importants acteurs du secteur acceptent de consentir. Sociétés d’ingénierie, cabinets d’architectes, entreprises générales ou entreprises industrielles - intègrent en effet le BIM plus rapidement que les autres. Les positions fortes de ces leaders seront renforcées, notamment celles qui en feront un outil de différenciation.

Les jeux sont-ils déjà faits ? Loin de là. A ce stade, le BIM contribue à la conception/réalisation d’œuvres complexes telles que la Fondation Louis-Vuitton et la Philharmonie de Paris, la tour Odéon à Monaco. Mais nous sommes dans une phase de convergence notamment au niveau des logiciels qui régneront vraisemblablement bientôt sur ce marché. Deux formats font à ce jour la course en tête. Désormais, les éditeurs de logiciels et autres parties prenantes s’attachent à démocratiser leurs outils, car, rappelons-le, le BIM n’a de sens que s’il est partagé et utilisé par tous les acteurs du BTP.

L’Etat français a décidé de consacrer 20 millions d’euros à cette démocratisation. Son porte-parole, Bertrand Delcambre (ex président du CSTB et ambassadeur du numérique pour le bâtiment depuis juin 2014) a évoqué, en début d’année, l’idée d’un portail public permettant aux PME du bâtiment de pouvoir, à terme, télécharger à moindre coût les composants dont ils auront besoin et de ce fait construire leurs devis propres. Pour les artisans, le temps viendra où il faudra investir dans du matériel et des logiciels et consacrer du temps à apprendre cette nouvelle méthode qui signera la fin des « plans-papier traditionnels ».

Dès lors, partenaires installateurs, sachez-le : la question à se poser n’est déjà plus de savoir s’il faut ou non se préparer au BIM mais bien quand et comment s’y préparer !

 

Roger Baltus
Ingénieur - Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus