Le couvreur-zingueur devient – aussi – façadier !

 

Le couvreur-zingueur devient – aussi – façadier !
04/06/2015

Le zinc, matériau historiquement dédié à la couverture et aux évacuations des eaux pluviales, habille désormais les façades. Pour le couvreur-zingueur, ce changement de paradigme est, sinon une révolution, au moins une évolution notoire de sa pratique.

Le point d’inflexion de cette évolution de l’utilisation du zinc correspond à l’arrivée, au début des années 80, des produits pré-patinés, d’abord de couleur gris anthracite puis gris clair. Ces nouvelles patines soyeuses et vivantes renouvellent l’image du zinc, qui dans sa version naturelle, soumis aux aléas de son environnement (climat, pollution, orientation,…) évolue de manière moins homogène. L’idée que ce matériau pouvait ainsi descendre du toit vers les façades s’est vite concrétisée, en particulier grâce à la possibilité d’utiliser les mêmes techniques qu’en couverture.

Les architectes se sont emparés de ces patines plus uniformes et résolument contemporaines avec l’intention de les montrer. La généralisation de la technique dite « à joints-debouts» a également largement contribué à imposer les nouveaux pré-patinés comme des produits architecturaux à part entière. La mise en œuvre du zinc en bandes parallèles séparées par des nervures marquées est en effet très graphique et apporte au bâtiment une esthétique très spécifique La souplesse du zinc assure aussi une gestion discrète de la continuité couverture-façade, en intégrant, souvent, les évacuations des eaux pluviales. Un contrôle des détails qui fait le bonheur des architectes !

Chez les couvreurs, le zinc en façade fut abordé avec moins d’enthousiasme. A leur décharge, depuis des décennies, ils règnent sur un territoire, celui «au-dessus de la gouttière » où personne ne s’aventure. Roi de leur royaume des cimes, ils s’organisent et déclinent leurs savoir-faire pour réaliser une toiture parfaitement étanche et durable.

«Descendre » vers la façade constitue donc pour les couvreurs-zingueurs un changement radical de la conception et de l’exercice de leur métier. Ils doivent affronter la rue et la vue (on les voit travailler, on juge le résultat final) mais aussi anticiper une toute autre organisation du chantier. Plus prégnant encore pour ces artisans : le soin apporté à l’aspect du zinc en façade est bien plus élevée (planéité du métal, calepinage des bandes pour « tomber juste » au droit des fenêtres ou des rives de la façade). Ils passent ainsi d’une exigence d’étanchéité absolue à une exigence d’esthétique absolue. Certains professionnels hésitent donc à se lancer sur ce segment de marché.

La façade est pourtant l’espace de croissance majeur du zinc dans le monde entier. Depuis deux décennies, les architectes plébiscitent ces nouveaux aspects de surface (récentes patines colorées) et les nouvelles techniques de pose par panneaux et cassettes préfabriquées. A l’heure où les toits sont prises d’assaut par les panneaux solaires (nous reviendrons sur ce sujet dans une autre chronique), des entreprises de couverture misent avec succès sur ce véritable relais de croissance. Pas besoin d’explications pour comprendre que la surface des façades est quantitativement bien plus importante que celle des couvertures (ratio de 1 à 4 sur une petit immeuble collectif).

Des couvreurs se sont équipés et ont spécialisé des ouvriers dans ce créneau. Les architectes apprécient de collaborer avec ces artisans soucieux des finitions et du beau détail.

Au travers de cette chronique, c’est bel et bien un appel à candidature que nous faisons aux couvreurs-zingueurs ! Intéressez-vous aux déclinaisons du zinc en façade. Enrichissez ce créneau porteur de vos compétences, notamment dans le traitement des entourages et des raccords que les façadiers gèrent avec moins d’attention. En somme, devenez les spécialistes de l’enveloppe métallique des bâtiments.

Roger Baltus
Ingénieur- Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus