Déqualification des couvreurs : fatalité ou opportunité ?

 

Déqualification des couvreurs : fatalité ou opportunité ?
30/04/2015

Chaque année, les 29 000 entreprises françaises de couverture manquent d’au moins un millier de couvreurs qualifiés pour pouvoir tenir leurs engagements. Ce déficit chronique s’explique en partie par l’image peu valorisée des métiers du bâtiment mais aussi par les conditions de travail physiquement difficiles ainsi que par les risques réels encourus, à fortiori en cas d’intempéries.

Pour palier à cette carence et à la déqualification progressive des professionnels, des industriels accélèrent la mise sur le marché de systèmes préfabriqués, plus faciles à poser. Cette stratégie induit-elle à terme la disparition de compétences artisanales à forte valeur ajoutée ? Jusqu’où les industriels pousseront-ils la logique de la préfabrication ?

Chez VMZINC, nous commercialisons aussi des gammes de produits préfaçonnés. C’est un choix stratégique assumé. Non seulement, ces produits font gagner du temps sur les chantiers mais ils garantissent aussi un minimum de qualité pour une main d’œuvre moins qualifiée. Ces produits « prêts-à-poser » ouvrent le champ d’utilisation du zinc. Le zinc peut ainsi rester un matériau compétitif que les architectes n’hésitent pas à prescrire. Ce cercle vertueux bénéficie donc à l’ensemble des acteurs de la filière mais aussi au client final.

Néanmoins, la commercialisation de ces produits préfaçonnés va chez nous de pair avec d’autres actions volontaristes pour maintenir voir étoffer le niveau de compétence nécessaire à la pose du zinc (coutures des toitures, couvertures de formes complexes, nouvelles applications en façade,….). Depuis le début des années 90, cette logique parallèle s’est concrétisée par la mise en place de PROZINC, le concept de VMZINC pour assister et former les couvreurs. Nous organisons en effet sous cette bannière des modules de deux à trois jours en moyenne dans nos centres spécialisés sur des maquettes à l’échelle 1 avec le meilleur matériel disponible (machines à profiler, à sertir, plieuses et outillage à main de dernière génération).

En France, plus de 1000 professionnels participent chaque année à PROZINC pour se mettre à niveau et venir puiser de l’inspiration, soit plus de 25 000 professionnels à ce jour. Ces formations non officiellement qualifiantes augmentent indéniablement leur employabilité. A travers ces actions volontaristes, VMZINC ne peut toutefois pas prétendre à se substituer à la formation initiale.

Nous proposons également une assistance technique personnalisée et de la formation pratique sur le lieu de travail des couvreurs. Ces « formations-actions » sont orientées vers l’efficacité et la rentabilité du chantier, elles apportent des réponses concrètes et concernent autant le traitement particulier des finitions et des raccords que la mise en œuvre de nouveaux produits. La présence de nos techniciens qualifiés est particulièrement appréciée parce qu’ils sont eux-mêmes des couvreurs voire des compagnons.

Que ce soit au travers de la préfabrication de certains produits ou au travers de la formation, nous considérons qu’un industriel a le devoir de soutenir les professionnels qui assurent la pérennité de l’usage du matériau qu’il produit. C’est la base d’un partenariat pérenne avec les entreprises

Enfin, il incombe aussi à l’industriel de référence d’être la vigie d’un secteur en mutation : je pense par exemple à l’émergence du BIM* (conception des immeubles en maquette numérique)
Nous en parlerons prochainement.

A suivre de près !

Roger Baltus
Ingénieur- Architecte
Directeur Communication de VMZINC

* ou modélisation des données du bâtiment

 

  Chronique de Roger Baltus