La surélévation : peut-on s’en passer ?

 

La surélévation : peut-on s’en passer ?
14/04/2015

La surélévation qui consiste à ajouter de la surface au-dessus de l’existant connaît dans les grandes métropoles dans le monde et particulièrement en Europe, un vif regain d’intérêt.

Cette alternative concrète parce que réellement faisable pour densifier la ville a pourtant été pratiquée de manière récurrente depuis des siècles. A Genève, par exemple, la surélévation est une tradition séculaire initiée lors de l’accroissement de la population de 30 % après la révocation de l’Edit de Nantes. Elle a été reconduite avec détermination lors la carence de surfaces habitables dans les années 2000. Dans d’autres circonstances, Vienne a toujours su se reconstruire sur elle-même. Une flânerie tête en l’air de Meidling à Mariahilfstrasse témoigne de l’audace de ces choix architecturaux. Depuis le Moyen Âge et jusque dans les années 60, Paris a aussi gagné par le haut ce qu’elle ne pouvait ravir sur le sol. Le fameux toit « à la Mansard » n’est d’ailleurs rien d’autre qu’une structure légère en bois revêtue de zinc posée sur la structure des immeubles en pierre de taille. Des études récentes montrent qu’entre les deux guerres plus d’un cinquième des permis de construire à Paris concernait des surélévations.

Depuis plusieurs années nous constatons que le zinc est très significativement utilisé dans l’extension en hauteur de bâtiments existants. La répétition et la justesse de l’usage de notre matériau dans ce type de projets ont fini de nous convaincre que nous participions indirectement à la réponse même modeste à une problématique plus large : celle de la densification urbaine, qui est aujourd’hui au cœur de la réflexion et de l’action des urbanistes et des élus.

Au-delà des débats qui agitent actuellement Paris (j’y reviendrai dans un prochain billet), cette démarche apparait effectivement comme une solution crédible, moins dispendieuse que d’autres, à la crise endémique du logement, à la pénurie de foncier, aux problèmes de transports et d’environnement.

Pour que les villes y trouvent un véritable gain social, écologique et architectural, nous pensons qu’aucune des parties prenantes ne pourra faire l’économie de repenser ses méthodes, ses pratiques voire tout simplement les réglementations. A ce jour, les contraintes d’urbanisme, la réticence des copropriétaires ou les aspects techniques liés à la capacité du bâtiment existant à supporter de nouvelles charges sans compter les nuisances apportées par les travaux en sites occupés découragent bon nombre de candidats constructeurs. Il faut donc faire preuve d’imagination et de créativité pour faire passer les dossiers car les avantages de ces nouveaux appartements sont nombreux : vues imprenables, intimité assurée, jolies terrasses avec espaces verts, prix au m² au-dessus de la moyenne du quartier.

Tout au long de cette année, je consacrai plusieurs billets à ce thème passionnant de la surélévation. J’interrogerai les architectes sur leurs expériences et solliciterai les points de vue d’installeurs, d’experts et d’acteurs politiques.

Notre sensibilité à la problématique et notre expertise d’industriel contribueront à alimenter ce débat que nous vous invitons à nourrir dès à présent.

Roger Baltus
Ingénieur- Architecte
Directeur Communication de VMZINC

 

  Chronique de Roger Baltus